Mino DC: J.E.P.2016 Samedi 17 et Dimanche 18 de 10h à 18h

visite guidée de l’Artodéchethèque de Mino D.C
pour les Journées Européennes du Patrimoine 2016
Samedi 17 et Dimanche 18
de 10h à 19h (entrée libre)
présentations des installations éphémères, évolutives, permanentes
exposition temporaire, d’encres plastifiées de 2012,
et de peintures monumentales d’art de rue et du spectacle de 1983 à 1990.
projection de cassettes en vhs d’œuvres monumentales datant de cette même époque.
12 rue du Lavoir – Le Grand Moiré de Soulièvres – 79600 Airvault – 06 58 71 45 42
 
Patrimoine et Citoyenneté au Musée Jacques Guidez d’Airvault
exposition de deux peintures sur polyane de 32m2 sur la façade du Cuvier, et à l’entrée du musée,
détails d’une fresque murale de 250 m2 présentée en 1989 sur la façade du Palais des Congrès de Parthenay,
lors des répétitions de la marche des mille musiciens traditionnels pour le défilé Parisien, scénographié par Jean Paul Goude, du bicentenaire de la Révolution Française.
 
 

Galerie Didier Devillez: SUMMER FOCUS 07/2016 – Tim Porter

TIM PORTER (1946, Washington D.C.)

Kyu Furukawa Teien (Former Furukawa Garden) –
Winter trees beside Shinji-ike Pond
,
2006, photograph

GALERIE DIDIER DEVILLEZ
53 rue Emmanuel Van Driessche
1050 Bruxelles (Belgique)
Tél./Fax +32 (0)475 931 935
devillez@skynet.be
galeriedidierdevillez.be
tribal-collection.com

Un voyage au pays de Mino D.C.

22/07/2016 05:34
Mino D.C, intarissable en commentant la visite de sa déchethèque.

Le village du Grand-Moiré a plus que doublé son nombre d’habitants, dimanche 10 juillet, en matinée, avec l’arrivée d’une quarantaine de motards, de leurs passagers et de leurs accompagnateurs. Tous étaient en promenade, en provenance de Frontenay-Rohan-Rohan, pour une visite du nord du département organisée autour du comité des fêtes. Leur objectif était une halte organisée pour découvrir la déchethèque de Mino. Celui-ci, autrefois chanteur de rock, maintenant sculpteur, vidéaste et créateur de structures diverses, consacre son temps à recycler objets et matériaux du quotidien et redonne vie aux déchets pour sauvegarder mémoires et traces de vies. Il est un artiste qu’on pourrait qualifier de déjanté, sur les traces du sculpteur César ou une sorte d’Arman des champs. Depuis une vingtaine d’années, dans sa cour et son jardin, Mino D.C a entrepris de réaliser des installations, dont certaines éphémères, avec des éléments de son passé et de son actualité de plasticien.

Dans la cour et le jardin

Certes, la visite guidée mène de suite vers une collection déconcertante de rats séchés, dans la position trouvée lors de leur dernier sommeil. Mino leur a donné des couleurs fluo, une mise en lumière ayant un lien avec le groupe rock avec lequel il évoluait, Raticide. Mais ici, dans la cour, tout est trié, classé, regroupé, comme sur ce « Mur de pompes », un mur recouvert de chaussures artistiquement installées. Plus loin dans le jardin, ce sont des pierres, celles qu’il a fallu débarrasser du terrain pour le nettoyer et qui sont aujourd’hui regroupées en tumulus, sortes de stèles funéraires à la mémoire du temps. Le quotidien d’hier est relaté avec des accumulations organisées de canettes de bière, de rebuts d’usines, etc.
La promenade dans ce cadre à la fois bucolique et plein de surprises se déroule avec des sonorités enchanteresses provenant de boîtes à lettres, une installation réalisée par son partenaire DJ Bosstoo. Des murmures, des cliquetis, des bruits de vie en milieu urbain ou à la campagne, qui se confondent avec des discussions entre oiseaux. Le montage sonore se mixe naturellement avec la voix de Mino D.C commentant la visite et les sonnailles de bois, métaux, plastique ou verre qui ne cessent de s’exprimer lorsqu’une légère brise leur donne la parole.

Déchethèque Mino D.C, 12, rue du Lavoir, Le Grand-Moiré, à Airvault. Visite gratuite, prendre rendez-vous au 06.58.71.45.42.

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Communes/Airvault/n/Contenus/Articles/2016/07/22/Un-voyage-au-pays-de-Mino-D.C-2790157

Libération: Beat, génération spontanée

http://next.liberation.fr/arts/2016/06/26/beat-generation-spontanee_1462178

Par Judicaël Lavrador 26 juin 2016 à 17:11

Au centre Pompidou, plongée roborative dans le foisonnement artistique qui proliféra tous azimuts après le lancement de ce mouvement au milieu des années 40 par Burroughs, Ginsberg et Kerouac.

Untitled (Primrose Path), 1965, de Brion Gysin et William S. Burroughs.Zoom
Untitled (Primrose Path), 1965, de Brion Gysin et William S. Burroughs. Photo Los Angeles County Museum of Art.

Au Centre, le rouleau de papier calque sur lequel Kerouac tapa Sur la route d’une traite s’étire de tout son long, filant jusqu’au fond de l’expo. Au centre Pompidou, la rétrospective «Beat Generation» tiendra cette promesse inaugurale d’un déploiement du mille-feuilles d’œuvres, de techniques, de médiums et de personnages, stars et seconds rôles ici remis au premier plan, que constitue son sujet.

Qui est Beat ou pas ? En fonction de quels critères décidés ? La scénographie, qui articule espace ouvert aux quatre vents et renfoncements d’alcôves, donne un premier élément de réponse. Il n’y a ainsi a priori pas une esthétique Beat, comme il y peut y avoir, à la même époque, dans les années 40-50, une école expressionniste abstraite. Les Beats furent une bande d’amis aux contours flous et poreux, à géométrie variable, avec des gens qui rentrent et qui sortent, qui voyagent beaucoup. Aussi, l’expo se structure-t-elle à travers des zones géographiques plutôt que par thèmes (la drogue, le bouddhisme, le jazz, la quête de spiritualité, l’engagement politique, la libération des mœurs, le cut-up…). Lesquels se retrouvent ainsi entrelacés de toutes parts.

L’acte de naissance date de la rencontre d’Allen Ginsberg, Jack Kerouac et William Burroughs sur le campus de l’université de Columbia à l’hiver 1943, puis, des liaisons que ce noyau dur d’intellectuels, une fois installé à Manhattan, noue avec «la pègre», ainsi que l’écrit Barry Miles dans le catalogue, «univers en marge de la normalité bourgeoise», dont relève un certain Herbert Hunckle «prostitué homosexuel et voleur». Le type, dans la dèche, s’en plaint dans ces termes : «I’m beaten down.» Il est abattu, au bout du rouleau : c’est de là que viendrait le nom de cette «génération perdue», qui se colore aussi des battements saccadés du jazz et d’une aspiration à la béatitude.

Contexte puritain

Dans l’expo, nombre de films et de photographies documentent un New York d’après-guerre miséreux, avec une population aux abois, des figures de pauvres gens, de survivants, auxquels la texture grésillante et grisonnante des images prête une apparence spectrale mais belle. Il suinte dans ces pièces une inquiétude sur l’avenir : la Beat Generation ne se berce pas d’insouciance, elle est pétrie d’inquiétudes. Le thème de l’apocalypse sous la forme du champignon atomique revient dans plusieurs pièces (notamment Doomshow, de Wisniewski), motivant même Bruce Conner à s’exiler au Mexique en 1962 pour «attendre à l’abri l’holocauste nucléaire», lit-on sur le cartel de son film Looking for Mushrooms, où l’artiste documente dans une succession de plans syncopés et saturés de couleurs poisseuses et bande-son envoûtante sa recherche de champignons hallucinogènes en compagnie d’un expert, Timothy Leary, promoteur en chef du LSD.

Le contexte historique d’une Amérique maccarthyste et ségrégationniste, homophobe et puritaine, pèse au cœur de ces jeunes gens et a comme corollaire, certes, la production d’œuvres prenant l’air et la route (la série des «Américains», réalisée en 1951 par Robert Frank, figure en bonne place) mais aussi, plus surprenant, la production d’œuvres d’intérieurs. Pull My Daisy, coréalisé en 1959 par le même Robert Frank et Robert Leslie, prend ainsi comme unité de lieu, forclos, l’atelier de ce dernier. Une foule joyeuse s’y presse, allant et venant entre les jazzmen, tandis qu’en voix off, Kerouac livre ses commentaires improvisés. A l’autre bout de l’exposition, c’est un autre espace clos qui est reproduit : la chambre occupée par Brion Gysin, au Beat Hotel, repaire de la bande, au début des années 50, un établissement de troisième catégorie tenu par une maternante madame Rachou au 9, rue Gît-le-Cœur, vers Saint-Michel (Paris Ve). C’est là que la Dreammachine, bricolage d’un abat-jour percé, d’une ampoule jaune et d’un tourne-disque, a émis ses premiers rayons hypnotiques.

Entrance [/ Exit], de William S. Burroughs, 1988. Photo A. Mole et courtesy Semiose galerie, Paris

Créer dans l’urgence

Les œuvres Beat initient un art du bricolage, qui prend à bras-le-corps la matière – sonore, textuelle ou plastique – en se familiarisant avec «les techniques de reproduction moderne, explique Philippe Alain-Michaud, co-commissaire avec Jean-Jacques Lebel. Ils recourent donc à l’électrophone, le pick-up, le magnétophone (l’enregistreur, puis à bande), à tous les systèmes d’impressions artisanaux, aux imprimantes, à la caméra et à l’appareil photo». Autant de machines (exposées dès le début de l’expo) dont ils ne respectent pas exactement le mode d’emploi. Outre Kerouac, qui fait donc cracher à sa machine à écrire un rouleau ininterrompu, Burroughs fait tourner en boucle son appareil, voire lui coupe la chique, prenant des photos des photos qu’il vient de prendre, qu’il découpe et recompose, jusqu’à ce que ces images bégayent et ne donnent plus à voir rien d’autre qu’une suite enivrée de manipulations grossières et spontanées.

C’est ce qui lie ces œuvres, une façon de faire du lâcher-prise, de la pulsion, de l’urgence ressentie, une méthode de création. Ce qui n’implique pas de filer droit devant : il y a mille retours en arrière, hésitations, hoquets. Les Beats démarrent au quart de tour mais en passent par mille détours. Une trajectoire zigzagante qui s’entend dans les nombreuses bandes-son de poèmes scandés sur un rythme inimitable, mélange de respiration retenue et de souffle lâché. Les affichettes fluos des Singing Posters d’Allen Ruppersberg dont deux murs sont tapissés tâchent ainsi de retranscrire autant le texte du poème Howl, écrit par Allen Ginsberg, que la musicalité de la lecture que l’auteur en fit, en 1955, dans une petite galerie de San Francisco.

Électrons libres

Ressasser les mots et les formes : on retrouve cette addiction chez l’une des rares femmes de l’expo, Jay DeFeo (morte en 1989). Une artiste à qui certains vouent un culte contagieux, à cause d’un chef-d’œuvre très spécial, The Rose, tableau pesant une tonne et figurant des pétales étoilés, où se perçoit surtout l’application obstinée de l’artiste à remettre sur le métier son ouvrage en empilant des couches de plâtre et de peinture, huit années durant, de 1960 à 1968, jusqu’à ne plus pouvoir extraire cette œuvre, obèse et planante, de l’atelier sinon en cassant les murs. Jay DeFeo – dont les peintures et dessins abstraits, formes morcelées aux surfaces adipeuses, sont également exposés à la galerie Frank Elbaz – a croisé la route des Beats là où elle résidait, à San Francisco, non loin de la fameuse librairie City Lights, tenu par Lawrence Ferlinghetti. Mais elle reste un électron libre… comme beaucoup d’autres de cette génération. Voire comme tous, en fait, y compris Burroughs, dont les peintures des années 80 sont accrochées à la galerie Semiose : des planches de bois, sur lesquelles l’auteur du Festin nu bombait (à la manière de ses nouveaux amis, Basquiat et Warhol), le visage d’extraterrestres, gros yeux et têtes hydrocéphales, avant de tirer dessus à la chevrotine. Touchées, trouées, hors des clous, ces peintures des années 80 d’un des pionniers de la Beat Generation, œuvres tardives au regard des bornes chronologiques de la rétrospective du centre Pompidou (approximativement, 1943-1969), rappellent que la Beat est une génération sans âge qui n’a jamais renoncé à causer à la société, ou à l’art, d’utiles dommages.

A lire : «Pull My Daisy», éd. Macula, 20 €. Et aussi le dossier «Beat Generation» de la revue «Mettray», septembre 2016, 15 €.

Judicaël Lavrador Beat Generation Centre Pompidou, 75004. Jusqu’au 3 octobre. Rens. : centrepompidou.fr

Jay DeFeo Galerie Frank Elbaz, 75003, Jusqu’au 30 juillet. Rens. : galeriefrankelbaz.com

William S. Burroughs Galerie Semiose, 75003. Jusqu’au 23 juillet. Rens. : semiose.fr

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