Al Winans: EARLY MORNING INSOMNIA WALK

 

https://www.facebook.com/AD.WinansEARLY MORNING INSOMNIA WALK
I rise at six AM to walk the streets
slow-step my way past a coffee house
a lone worker preparing a caffeine fix
for zombie trance workforce
Make my way to the Mission District
bars soon to open for the Living Dead
old men slumped over bar stools
eyes vacant as cattle being
led to the slaughterhouseHalf-Indian Sarah stands on the corner
of 16th Street in search of a fix
ignores the police cruiser
with the last of the cowboy cops
looking for a shoot-out at the OK CorralGot me the slow walk blues
got me a pair of worn down shoes
pawn shop a-calling young couple balling

God’s messenger with a billboard on his back
looks for Jesus finds nothing but punks
hanging out at the corner parking lot
dropping a dime for the undercover narc’s
one step closer to Nirvana
down in the streets of Havana

small time two-bit goons
straight out of Looney Tunes
lean against a battered Buick looking like
an old-time drive-in movie marquee

I walk past closed down Burlesque House
flashback to my childhood
the Lone Ranger and Terry and the Pirates
eaten by locusts and crazed rats

The smell of fall in the air
strips my senses bare while down in North Beach
the last of the Italians wages war with Asian clan
in a territorial dispute over who owns
the rights to the boccie ball courts

no more will I be an agent for
the demons camped inside my head
let them write their own poems

walking these streets is wearing me down
I keep slipping into the past in a failed attempt
to communicate with the future

my life has become a marathon walk
leading me to endless coffee shops
taken over by expressionless aliens
with laptop computers and cell phones

I rise each morning like a prisoner waiting
on the executioner’s gun
the years hung out to dry like
wet laundry on a frail clothesline

William Burroughs: ‘Don’t Hide The Madness’ – William S. Burroughs in conversation with Allen Ginsberg.

https://www.facebook.com/Burroughs100/

New book release ‘Don’t Hide The Madness’ – William S. Burroughs in conversation with Allen Ginsberg.Coming out next week ( on Tuesday) – and much anticipated – Don’t Hide The Madness – William S Burroughs in Conversation with Allen Ginsberg., from 1992, a documentary record of the meeting of two great minds.

More at  https://allenginsberg.org/2018/10/sat-oct-13-dont-hide-the-madness/

Monsieur B: les pronoms – Enquête sur « des voix dans la tête »

http://www.interzoneeditions.net/MonsieurB.htm

© Isabelle AUBERT-BAUDRON

Extrait de « Psychiatrie : le Carrefour des impasses »

à paraître chez Interzone Editions

(La retranscription de l’enregistrement contenue dans ce chapitre a été réalisée pour la première fois en anglais, en 1982, pour William Burroughs, qui s’intéressait aux discours des schizophrènes entendant des voix dans leurs tête, et effectuait une recherche sur les voix enregistrées par Constantin Raudive et les travaux de Julian Jaynes sur l’esprit bicaméral: voir les chapitres Ça appartient aux concombres : au sujet des voix enregistrées de Raudive, Essais, tome I, 1981, et Freud et l’inconscient, Essais, tome II, 1984, Christian Bourgois Editeur.)

            Monsieur B était un homme d’une cinquantaine d’années. De taille moyenne, il était vêtu au fil des ans d’une veste chinée défraîchie à dominance beige et de pantalons de costume dépareillés. Ses cheveux gris clairsemés étaient coiffés en arrière. Il portait souvent, été comme hiver, un feutre marron.

            Il était arrivé à l’hôpital dès l’ouverture de ce dernier, flanqué de l’étiquette de schizophrène. L’asile départemental où il était interné depuis une quinzaine d’années l’avait transféré dans le cadre de la sectorisation pour qu’il soit rapproché de sa famille. Il avait en effet une femme et deux filles qui habitaient dans les environs, mais n’avaient jamais donné signe de vie depuis son arrivée.

            Les premiers temps, l’hôpital étant ouvert, il avait tenté quelques promenades à pied jusqu’à la ville, promenades qu’il agrémentait d’une halte dans un café pour y boire un verre de vin. A son retour dans le service, il se reprochait tellement son attrait pour les boissons alcoolisées, bien qu’il n’eût jamais bu au point d’être ivre, qu’il mit un terme à ses sorties.

            Depuis, il se cantonnait dans l’enceinte de l’hôpital. Les jours de beau temps, il allait prendre le soleil sur le parking. Ses activités se bornaient à la fréquentation de la cafétéria et à la rédaction de quelques rares articles destinés au journal intérieur à l’établissement dont il gardait précieusement un exemplaire de chaque numéro dans sa chambre. Il en possédait la collection complète. Il finit par interrompre cette occupation et, s’il continuait à acheter le journal, il en cessa la lecture, disant que, comme il ne lisait pas tous les articles, il redoutait la vengeance de ceux qu’il négligeait, leur attribuant une vie et une volonté propre.

            Sa propension à boire du café avait engendré entre le personnel et lui des relations basées sur le contrôle de sa consommation de cette boisson. Comme d’autres hospitalisés, il l’utilisait pour combattre les effets de ses médicaments et emplissait généralement son bol d’une quantité de café égale sinon supérieure au volume d’eau. Devant les limites qui lui étaient posées, il réagissait par de faibles protestations, puis s’en allait en marmonnant, l’air résigné, regagnant sa chambre ou le radiateur du service auquel il s’adossait, observant les allées et venues et chantonnant de temps à autres. Sa discrétion et sa docilité en avaient fait un des oubliés du service. Ses relations avec les psychiatres se bornaient à une poignée de main quotidienne.

            Il entretenait avec les autres hospitalisés des contacts la plupart du temps courtois; avec certains il évoquait son passé dans l’armée, la deuxième guerre mondiale qui l’avait entraîné en Allemagne puis en Tunisie, bien avant ses premières relations avec la psychiatrie. Il ne supportait cependant pas que d’autres outrepassent les limites qui lui étaient fixées en matière de consommation de café et n’hésitait pas à dénoncer les éventuels goulus au personnel présent, adoptant la mimique d’un enfant cafteur : « Monsieur, il y a Untel qui boit tout le pot de café dans la cuisine! »

            Monsieur B était un homme poli, déférent même. A l’égard du personnel il adoptait l’attitude du subalterne devant son supérieur hiérarchique, la tête penchée en avant, le regard rivé au sol, n’omettant jamais de terminer ses phrases par un respectueux « Monsieur » ou « Madame ».

            Des petits faits de la vie courante, qui paraîtraient insignifiants à la plupart des gens, tenaient pour lui une grande importance. Fumeur, il lui arrivait de solliciter ou de donner du feu. A chaque fois il notait scrupuleusement sur un petit carnet le nom de la personne avec qui il avait eu cet échange et lui en rendait compte régulièrement : « Vous me devez, ou, je vous dois X fois du feu. » Quand son interlocuteur s’en étonnait, il répondait en disant que le fait de donner du feu n’était pas négligeable, qu’un sou est un sou, que les bons comptes font les bons amis et qu’il ne voulait pas devoir quoi que ce soit à quiconque.

            Il passait ses journées à réfléchir et à observer. Il s’exprimait peu. Je l’entendis une fois parler de son épouse. Il n’avait jamais cessé de l’aimer et, bien que très peiné du fait  qu’elle ne lui donne pas de nouvelle, il l’en excusait,  attribuant son silence à sa maladie : « Je ne suis qu’un pauvre fou. », disait-il. Il avait recouvert les murs de sa chambre de phrases écrites au crayon de papier dédiées à sa femme : « J’aime plus que plus que des trilliards de fois Madame B. » Un jour elle demanda le divorce et l’obtint, sans avoir revu son mari.

            Monsieur B. s’était retiré du monde des vivants et les propositions qui lui étaient faites de promenades ou de sorties au cinéma se heurtaient immanquablement à un refus : « Non, madame, je ne peux pas y aller, mes pronoms ne sont pas d’accord. » Je tentai plusieurs fois d’en savoir plus, lui demandant des explications sur ces mystérieux pronoms, sans succès. Il bredouillait alors quelques phrases inaudibles et s’en allait en chantonnant, coupant court à la conversation. Aucun soignant ne savait exactement ce qu’ils représentaient pour lui, si ce n’est qu’ils semblaient jouer un rôle négatif. Un jour, alors que je lui présentais ses médicaments, il me dit : « Ce n’est pas moi qu’il faut soigner, madame, ce sont mes pronoms. » Puis il s’éloigna, l’air préoccupé.

            J’aimais bien Monsieur B.. J’appréciais sa courtoisie et m’efforçais de m’adresser à lui avec une égale politesse. Quant aux limites que ma fonction d’infirmière m’intimait de lui poser, je les lui expliquais en prenant en compte son état de santé. Bien que peu convaincu, il était content que je mette les formes et répondait en hochant la tête, l’air résigné : « Je comprends, madame, je comprends. » Quand je prenais mon travail, il quittait son radiateur pour venir me donner une poignée de main et, soulevant son chapeau de l’autre, il ne manquait pas d’accompagner son salut d’une révérence que je lui rendais. Son visage s’animait alors d’une expression de connivence amusée. Après plusieurs années, nous entretenions des relations tacites de respect mutuel et de complicité.

            De temps en temps, il venait dans le bureau le soir après le dîner alors que je compulsais ou remplissais des dossiers et que les autres personnes étaient couchées ou regardaient la télévision. Il s’asseyait et, échangeant parfois quelques mots de l’ordre du passe-temps, passait une heure en ma compagnie. Je lui proposai de profiter de cette heure creuse pour discuter un moment  avec lui comme il m’arrivait de le faire avec d’autres hospitalisés, et lui dis que je me tenais à sa disposition au cas où il désirerait m’entretenir de sujets qui lui tenaient à cœur.

            Un beau soir, il entra dans le bureau et, de son ton de rapporteur, il dit : « Madame, il y a un de mes pronoms qui ne veut pas croire que le pape est polonais. » C’était la première fois qu’il me demandait d’intervenir dans son domaine. Je décidai de jouer le jeu et, rentrant dans le rôle de l’inspecteur  recueillant la déposition du plaignant, je résolus d’enquêter sur les fameux pronoms. J’enclenchai le magnétophone que je portais avec moi de temps en temps. La conversation qui suit est la fidèle retranscription du dialogue que nous eûmes alors. C’est, à ma connaissance, la première fois que Monsieur B. accepta de livrer des explications détaillées sur ce qu’il vivait et de dresser une carte de son territoire intérieur.

* * *

Monsieur B : les pronoms

(en raison de la longueur de la retranscription de l’enregistrement, lire la suite dans le site d’Interzone Editions)

L’île logique / N°72 : Vieux

Pilouface, les clowns scientifiques

Bonjour à tous,

pour les inquiets de l’Alsace, soyez rassurés, le camion va bien, il a même visité L’Irlande cet été…

Quelques nouvelles de L’île logique :

Plusieurs interventions prévues en 2018 :

– 9 octobre : Pilouface à St Pierre la cour (Mayenne)- 11 octobre à 14h et à 21h : Pilouface à Toulouse (centre culturel Henri Desbals)

– Du 20 au 23 octobre retrouvez L’île logique au congrès de l’APMEP

– 23 octobre : Pilouface à Sanguinet (Bordeaux)

– 6 novembre, spectacle clownesque « Galois Poincaré mythes et maths » à Orléans (Université)

– 9 novembre : Où ai-je ma tête ? à 18h à la médiathèque de Plescop (56), dans le cadre du festival Clown hors Piste.

– 14 novembre : Un océan de Plastique à Vannes (Kercado) 15h.

– 17 novembre : un océan de plastique à Theix-Noyalo, 14h, dans le cadre du festival Clown Hors Piste.

2019 :

– 15 janvier, l’Affaire 3.14 à Montluçon

– 22 janvier, Université Bretagne Sud de Vannes, conférence sur clown et mathématiques

– du 4 au 8 mars, L’île logique part à l’étranger !! L’affaire 3.14, ou ai-je ma tête ?, Pilouface, des ateliers théâtre et sciences, pour la semaine des maths à Casablanca, et peut-être Madrid…

– 29 mars : « Partons ici même » à Decazeville

– « Y a pas rien » du 6 au 10 mai dans le finistère

– Du 15 au 17 mai, ateliers théâtre et sciences en Mayenne

– et plusieurs options non validées encore, au festival « I love sciences » de Bruxelles, Clermont-Ferrand, Cahors, Perpignan, Brest, Nantes…

Certains de ces spectacles ne sont pas ouverts au public, mais, à titre individuel, n’hésitez pas à me contacter si vous envisagez d’y venir !!

Enfin, toujours à faire circuler sans modération :

– L’île logique co-organise la dixième édition du festival Clown hors Piste du 16 au 18 novembre prochain à Theix (56)

– Il nous reste encore des livres « A l’endroit de l’inversion« , petit essai en clownologie mathématique (préfacé par Cédric Villani et Bertil Sylvander)

– Et puis, si vous connaissez des gens riches pour co-produire une série audiovisuelle burlesque mais rigoureuse sur les mathématiques n’hésitez pas…

Recontextualisation :

Suite à la récente petite polémique au sujet du prix Nobel de Physique 2018 Gérard Mourou (que je félicite sincèrement) et d’un clip « non scientifique » dans lequel il apparaît sur une chanson de L’île logique (« Où qu’il aille ELI », je leur avais donné des droits d’exploitation), je voulais témoigner, à la décharge de Gérard Mourou, que lorsque le projet ELI qu’il coordonnait (projet de laser ultra puissant associant le CNRS, l’École Polytechnique et l’ENSTA) a décidé de communiquer, ils l’ont fait de façon certes burlesque et artistique mais surtout dans un esprit de vulgarisation scientifique sérieuse, L’île logique avait en effet monté à leur demande une création théâtrale burlesque scientifique expliquant les principes de l’effet laser que nous avions jouée au Grand Palais (spectacle « A quoi ce laser ? » qui contenait plusieurs chansons dont la-dite chanson). Aussi, l’inclination de Gérard Mourou à utiliser le théâtre et la musique pour communiquer autour du projet ELI était-elle essentiellement scientifique, pédagogique et rigoureuse dans la démarche initiale ; ce n’est qu’ultérieurement qu’ils ont décidé d’utiliser notre chanson pour faire réaliser par Lucioles production ce clip « non scientifique » qui fait polémique. C’est sans doute un peu dommage de ne retenir aujourd’hui que ce dernier choix malheureux…

N°72 : Vieux
Les vieux,

les vieux qui mettent encore de la naphtaline sous les draps pliés en quatre,

les vieux qui disent bicyclette et pas vélo,

les vieux qui se souviennent de l’entre-deux guerre,

les vieux qui savent recharger un poêle à bois, qui disent automobile,

vieux en sabots, vieux qui se souviennent de la Vehrmacht,

vieux qui ont râlé contre les yéyés, installé le capitalisme, pas connu le chômage,

vieux qui recousaient la pendule et remontaient des jupons

vieux qui portaient des corsages

– là, il faut dire vieilles, ou alors c’est caché, tard le soir…

Et puis vieux pour qui le masculin l’emporte,

vieux qui avaient le temps,

Vieux qui s’appelaient Charles ou pas,

vieux des tréteaux, très tard…

vieux vieux.

On a changé de vieux,

aujourd’hui on a des nouveaux vieux,

ce n’est pas qu’ils ne soient pas anciens, ces nouveaux vieux avec leur téléphone portatif, non, ils sont vieux certes, mais nouveaux…

ce qui est bien dans les nouveaux vieux c’est qu’il se souviennent le mieux des anciens vieux.

la roue tourne, si ça se trouve je prends de l’âge

chacun son tour, on est tous le vieux d’un autre

les vieux volent le passé, ils partent avec

alors il faut parler avec les vieux

Les vieux changent-ils ou sont-ils toujours les mêmes ?

Le vieux d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui,

Et certains Charles soutiennent le rap.

des pinces à vélo, qui parlent encore en sous,

Aujourd’hui, quand on est en haut, ce n’est plus une afficheil n’y a pas plus de poussière sur les vieux que sur les jeunes

un vieux vivant est toujours plus jeune qu’un jeune mort, on est plus vieux que n’importe quel vieux le jour où on meurt

vieux ça veut dire qu’on est proche de la mort ? Non, vieux ça veut dire vivant depuis longtemps

Emmenez-nous encore, Charles éternel !

merci de votre soutien,

Cédric

www.ilelogique.fr

I. Aubert-Baudron: Les problématiques de l’Occident : des implications en sciences humaines du travail de recherche de Michel Onfray sur Freud

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© Isabelle Aubert-Baudron

10 août 2010

Révision 8 octobre 2018

 

Table des matières

1. Présentation du cartographe

2. Une première approche non psychiatrique de la folie

3. Histoire de la folie

4. Une remise en question de la nosographie psychiatrique

a) Postulats de la nosographie psychiatrique

b) Postulats de la grille freudienne

c) Culpabilisation du plaisir sexuel : du dogme du péché originel à la théorie des névroses

d) Mise au point sur quelques concepts freudiens

5. De l’importance d’une recherche en sciences humaines harmonisée sur notre évolution scientifique

Au-delà de la polémique entre partisans et détracteurs de la psychanalyse, de nouveaux axes de recherche sur le psychisme humain.

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