Dossier dreamachine / machine à rêver

J’ai rassemblé dans un dossier les informations sur les expérimentations réalisées avec la dreamachine, depuis 1997, dans un fichier pdf, en ligne dans La sémantique générale pour les nuls , en ligne à https://www.semantiquegenerale.net/dossier_dreamachine.pdf

J’y ai ajouté les liens sur les articles scientifiques récents publiés dans Nature et Science Alert sur les utilisations dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

LA SÉMANTIQUE GÉNÉRALE POUR LES NULS

Je mets en ligne un nouveau site, LA SÉMANTIQUE GÉNÉRALE POUR LES NULS, https://www.semantiquegenerale.net/ , destiné à héberger une partie de la documentation en sémantique générale répartie depuis les années 2000 dans mes sites La sémantique générale pour tous , Interzone Éditions et le blog Pour une économie non-aristotélicienne .

En raison de sa densité, de la diversité des sujets et de ma disponibilité fluctuante dans les mises à jour, consulter plusieurs pages conduisait parfois les visiteurs d’un site à l’autre, les plongeant inopinément dans un labyrinthe spatio-temporel où se mêlaient les pages passées et présentes. Sautant d’une page de 2019 à une autre de 1998, elle-même conduisant à d’autres pages mises en ligne à des dates différentes, ils faisaient irruption dans une histoire complètement différente, mise en ligne dans un contexte différent.

D’où la nécessité d’un site mettant un peu d’ordre dans cette cacophonie, d’une présentation moins austère et plus accessible, et réalisé avec un éditeur de site d’utilisation moins laborieuse que Word ou OpenOffice et des outils plus actuels et plus performants.

Ce site est en construction, et son élaboration va probablement prendre du temps. En attendant, les pages des sites antérieurs restent bien évidemment disponibles et seront redirigées au fur et à mesure vers les nouvelles.

Merci pour votre patience, et vos éventuelles suggestions.

Isabelle Aubert-Baudron

Au secours, Docteur Burroughs ! par Victor BOCKRIS

Victor Bockris m’a envoyé durant l’automne 1990 cette interview de William Burroughs qu’il venait de réaliser, afin que je l’ajoute au « Temps des Naguals – Autour de Burroughs et Gysin » qui en était alors à son tout début. Je l’ai publiée sur Mediapart en complément du texte « Monsieur B: les pronoms – Enquête sur «des voix dans la tête » retranscrite pour Burroughs en 1982.

Victor Bockris nous fait découvrir un Burroughs tel qu’en lui-même, passionné par l’hypothèse de l’existence objective d’entités cherchant à établir le contact avec les humains. S’en suit un échange échevelé au cours duquel Victor verbalise ses angoisses existentielles sur la question, réconforté par le « Dr Burroughs » qui lui donne des conseils avisés tirés de sa propre expérience et qui clôture l’interview par un entretien post mortem avec Jean Genet. Disruptif.

Mise en garde :

La lecture de ce texte est fortement déconseillée aux lecteurs dépourvus d’humour et inaccessibles au second degré.

Au secours, Docteur Burroughs !  LA DERNIÈRE INTERVIEW QUE JE FERAI JAMAIS par Victor BOCKRIS

Traduction: Isabelle Aubert-Baudron

Victor Bockris et William Burroughs – Lawrence – Septembre 1990

Victor Bockris : T’est-il déjà arrivé, au cours de ton existence, de te comporter comme ce que l’on pourrait appeler quelqu’un de peureux ?

William Burroughs : (Assis très droit, fixant la table d’un regard dur, presque irrité) TU ES FOU!?

V. B : Ma foi, non, je ne te vois pas comme quelqu’un de peureux du tout.

W.B. : Je vis comme la plupart des gens dans un état d’affolement permanent. C’est le cas de la plupart des gens qui ont un tant soi peu de bon sens. Ils ne s’en rendent peut-être pas compte mais c’est ainsi. Nous sommes virtuellement menacés à chaque seconde. Cette décennie n’est pas drôle du tout, cette décennie est absolument sinistre. Sinistre et détestable.

(Nous sommes assis autour de la table dans la salle de séjour de la maison de William Burroughs à Lawrence dans le Kansas, James Grauerholz, Bill Rich et moi. Des chats sont installés sur nos genoux ou se prélassent sur le sol. La veille nous sommes revenus de Los Angeles où nous étions allés au vernissage d’une exposition de Burroughs à la galerie Earl Mac Grath. Juste avant que je rentre à mon hôtel la nuit précédente, William m’avait mis deux livres entre les mains – « Quantrill and his Civil War Guerillas » de Carl W. Brethan et « Majestic », un roman de Whitley Streiber. En 1989, Burroughs avait rendu visite à Streiber dans le but d’entrer en contact avec les étrangers dont ce dernier avait parlé dans « Communion et Transformation ».)

Victor Bockris : Comment as-tu fait la connaissance de Whitley Streiber ?

William Burroughs : Très simplement. Ses premiers livres m’avaient beaucoup intéressé et j’étais convaincu de l’authenticité de ce qu’il avançait, quelle qu’en soit la nature. J’avais l’impression qu’il ne s’agissait ni d’une escroquerie, ni d’un truquage. J’ai ensuite donné ses livres à lire à Bill, qui se trouve ici et qui se montre toujours très, très sceptique, et il a dit : « Après les avoir lus, je ne mets pas en seul mot en doute. » J’ai dit que j’étais certain qu’on se trouvait en présence d’un phénomène. Suite à cela, j’ai écrit une lettre à Whitley Streiber pour lui dire que je souhaiterais beaucoup entrer en contact avec lesdits visiteurs. Anne Streiber m’a alors répondu en disant : « Nous voulons nous assurer qu’il s’agit bien de vous. Nous recevons une foule de lettres complètement abracadabrantes. » Je lui ai donc envoyé une autre lettre en disant : « C’est bien de moi dont il s’agit » ; sur ce, elle a répondu : « Après en avoir discuté, nous serions heureux de vous inviter à venir dans notre chalet. » Nous nous sommes donc rendus là-bas pour un week-end. Et après m’être entretenu un certain nombre de fois avec Streiber au sujet de ses expériences, j’ai été absolument persuadé qu’il disait la vérité

V. B. : De quoi a-t-il l’air ?

W. B. : Eh bien, c’est un homme de taille moyenne, environ un mètre quatre-vingt-cinq, de corpulence moyenne. Il a ceci de bizarre que la partie de son visage qui va du front jusqu’en dessous du nez ressemble à un masque.

V. B. : Est-ce qu’il dégage de la sérénité ?

W. B. : Non, il n’a pas l’air serein du tout, sans pour autant être inquiétant. Au premier abord c’est un homme qui dégage une formidable énergie et qui est toujours occupé. Depuis que je suis allé le voir, il a écrit un livre entier, Billy, qui est sur le point d’être adapté à l’écran. Il travaille sans arrêt, il a toujours quelque chose à faire et il se promène dans sa propriété; c’est quelqu’un de très actif, tu vois, de très déterminé. Il apparaît comme un homme très accueillant et plein de bons sens. Je ne peux pas dire en ce qui me concerne que j’ai expérimenté quoi que ce soit. Et il m’a dit ceci : au moment où l’expérience se produit, c’est très précis, très physique, il ne s’agit pas de quelque chose de vague, pas comme une hallucination, ils sont bien ; maintenant moi, je n’ai rien vu de tel.

V. B. : (Écartant cette possibilité) : Dans ces conditions, tu n’avais aucune chance de voir quoi que ce soit.

W. B. : Comment ! Qu’est-ce que tu veux dire ?

V. B. : Tu étais un visiteur qui arrivait dans le coin en tant que journaliste. (L’interviewer, après avoir souffert trois jours sur la route dans le rôle du journaliste, commence à crier) TU FAISAIS PARTIE DE LA PRESSE!

James Grauerholz[1] : (conciliant) Voyons…

V. B. : TU REPRÉSENTAIS LA PRESSE ? ESPÈCE D’ENFOIRÉ ! TOUT LE TEMPS EN TRAIN DE PARLER DE LA PRESSE ! TU APPARTENAIS A LA PRESSE !

W. B. : (calmement) Je n’en faisais pas partie.

V. B. : (Sarcastique) Si, tu en faisais partie. Tu étais dans la position du journaliste et ces enfoirés ne voulaient même pas descendre te parler.

W. B. : (dignement) Je n’ai jamais été journaliste.

V. B. : Allons, voyons, tu parlais sans arrêt de la presse, la presse, cette putain de presse …

W. B. : Ça ne va pas, mon vieux !

V. B. : Évidemment que ça ne va pas !

J. G. : C’est insultant, ce que tu dis là, Victor. Tu as été injustement accusé de représenter la presse…

V. B. : Mais c’est intéressant, il y a de la pertinence dans ce que je dis…

W. B. : Non, non et non…

V. B. : Non, mais, William, excuse-moi…

J. G. : William était un chercheur, il regardait de trop près.

V. B. : Bien sûr !

J. G. : Quand on regarde de trop près, on ne peut rien trouver.

V. B.: Non, j’imagine que c’est en tant qu’écrivain que tu es allé le voir, il te connaissait manifestement comme écrivain, dans ces conditions, il y avait à mon avis peu de chance pour qu’il se passe quoi que ce soit d’important.

J. G. : C’est comme s’ils regardaient, c’est comme s’ils étaient dans des soucoupes, c’est comme…

V. B. : Ouais, si l’on en croit effectivement le récit de Whitley Streiber, que je suis certainement tout disposé à accepter, d’accord, pourquoi diable se précipiteraient-ils quand un écrivain fait le déplacement pour venir passer deux jours ?

W. B. : Pour des tas de raisons. Il y avait des tas de raisons pour que…

V. B. : Qu’est-ce que tu entends par-là ? (De nouveau sarcastique) Écoute, tu crois vraiment qu’ils ont réalisé qui tu étais ?

W. B. : JE CROIS QUE JE SUIS L’UN DES ETRES LES PLUS IMPORTANTS DE CE PUTAIN DE MONDE…

V.B. : (Sursautant) Eh bien je suis d’accord avec toi…

W. B. : …et s’ils avaient un tant soit peu de bons sens, ils se seraient manifestés.

V. B. : Je suis d’accord…

W. B. : Alors c’est exactement ce que je suis en train de dire.

J. G. : En tous cas ils se sont effectivement manifestés à Streiber.

V. B. : C’est bien là le problème ! William Burroughs fait partie des gens les plus importants de ce putain de monde et quand il est allé là-bas pour les rencontrer, ils ne se sont pas manifestés, alors, sérieusement, je dis « Hé ! » Si une personnalité X arrive en disant très clairement « Je viens ici pour entrer en contact » et que le contact ne se fait pas – demandons-nous ce que cela veut dire… !

J. G. : Je pense que cela veut dire que le swami avait mal à la tête.

V. B. : Non, je ne pense pas que ça veuille dire ça.

W. B. : Eh ! attends un peu…

V. B. : C’est une connerie, mon vieux, c’est une réponse de merde…

W. B. : … attends un peu, pas si vite, ne sois pas si stupide ni si désagréable. Cela peut vouloir dire un tas de choses. Cela peut vouloir dire qu’ils n’ont pas jugé bon de venir me chercher à ce moment-là. Cela peut vouloir dire qu’ils auraient remis le contact à une date ultérieure ou cela peut vouloir dire qu’ils me considèrent comme un ennemi.

V. B. : (Avec dévotion) Je ne vois pas comment ils le pourraient.

W. B. : Eh bien, pourquoi pas ? Nous ne savons pas qui ils sont… Je te dis… Ecoute, nous n’avons aucun moyen de connaître leurs véritables intentions. Ils peuvent trouver mon intervention hostile à leurs objectifs. Et il se peut que leurs objectifs ne soient pas amicaux du tout. Exactement comme quand les grands dieux blancs ont débarqué chez les Indiens en Amérique Centrale et c’étaient les Espagnols. Les Indiens ont dit : « Les voilà » et les Espagnols leur ont coupé les mains. Ouais, alors tu ne connais pas leurs intentions.

V. B. : J’aurais pensé que les intentions de William étaient tout à fait claires si bien que j’aurais pensé que tout étranger venant visiter la planète aurait accueilli la démarche de William avec un esprit ouvert.

W. B. : Pas nécessairement. Tu pars du principe qu’ils raisonnent comme nous, comme moi. Nous ne savons absolument pas comment ils raisonnent, ni sur quels critères ils évaluent, ni ce qu’ils veulent ! Nous n’avons pas de clef. L’un d’eux a dit : « Nous sommes des âmes recyclées. » Donc nous procédons sans information…

V. B. : Non, écoute, mon vieux, tu n’as pas à me convaincre, je suis complètement…

W. B. : (Tranquillement) D’accord…

V. B. : (Élevant la voix) MAIS !

W. B. : (S’exprimant lentement et clairement, d’une voix calme, patiente mais ferme, comme un docteur) Calme-toi, mon vieux, calme-toi. Tu t’excite beaucoup trop, tu es beaucoup trop catégorique et je pense que tu devrais tout simplement te détendre et prendre les choses très, très calmement parce que tu es manifestement – sais-tu – très impressionné et bouleversé par toute cette affaire. Alors maintenant on se calme et on parle tranquillement, tu deviens…

V. B. : Je suis tracassé par toute cette histoire parce que j’éprouve la sensation très forte d’être envahi.

W. B. : Qui ne l’éprouve pas ! Tu n’es pas plus envahi que nous tous. Quand je me plonge jusqu’à un certain point dans mon psychisme, je me heurte à une force très très hostile, très puissante. C’est aussi net que si je rencontrais quelqu’un qui m’attaquait dans un bar. (Nous gardons généralement nos distances) mais je ne pense pas que je gagne ou que je perde nécessairement la partie.

V. B. : Je souffre d’une forte sensation d’envahissement. Je l’ai combattue…

J. G. : Eh bien, tu es avec le docteur…

W. B. : C’est pour ça que je t’ai dit de te calmer parce que je vois bien que tout cela te préoccupe. Maintenant, écoute, (murmurant) calme-toi tout simplement. Raconte-moi tout. (Haussant les épaules) Je suis le vieux docteur. Après tout j’ai été… écoute, mon chou, j’affronte ça depuis tant d’années et je sais que cette invasion se produit. Écoute, à partir du moment où tu approches quelque chose d’important, tu ressens cette invasion et c’est comme ça que tu reconnais que là il se passe quelque chose. Moi-même il m’est arrivé de me sentir comme un jeune chien forcé de faire des choses qui allaient m’attirer des ennuis ou des humiliations. Je ne dominais pas la situation. D’ailleurs dans le dernier rêve que j’ai fait, je voyais mon corps sorti de la pièce en marchant (ça se passait à Chicago) j’étais accablé sous le poids d’une mission implacable et je me suis retrouvé au plafond en train de me dissoudre, réduit à une impuissance totale. C’est l’ultime horreur de la possession. Cela se produit sans arrêt.

Ce que tu dois faire, c’est analyser ce qui se passe, te confronter à la possession. Ceci dit, tu ne peux le faire que si tu as effacé les mots. N’essaie pas de discuter, de dire « Oh, je… c’est injuste ! bla bla bla ». Confronte-toi à l’invasion. Si tu contrôles solidement la situation, cela va…

J. G. : Tu dois l’accepter, lui permettre de te défier de manière à pouvoir refuser son défi. Tu dois l’admettre. Tant que tu te débats, que tu tentes de t’y soustraire, tu ne t’y confrontes jamais.

W. B. : Ce que l’entité qui t’envahit cherche à éviter par-dessus tout c’est de se confronter directement à toi parce que cela met fin à l’invasion. Mais l’invasion est la base de la peur, il n’y a rien de plus effrayant que l’invasion.

Maintenant regarde, tu vois, tu as par exemple un Ange Gardien qui te dit ce que tu dois faire ou ne pas faire : « Ne vas pas là, ne fais pas ça. » Il n’y a rien de pire qu’un anti-ange gardien qui se trouve à l’intérieur de toi, qui t’incite à faire ce qu’il y a de pire et qui t’entraîne dans les situations les plus catastrophiques.

V. B. : Le seul moyen que je connaisse pour le repousser, c’est de dire « Non, non, non ».

W. B. : Non, c’est… « Non, non, non », ça ne marche pas. Tu dois le laisser s’insinuer en toi. C’est difficile, c’est difficile, mais je vais te dire une chose, tu prends du recul et tu le laisses t’envahir, s’introduire en toi, au lieu de tenter de t’y opposer, ce qui n’est pas possible. C’est à chacun de trouver le moyen de gérer la situation. Si tu en es capable, et très peu de gens le sont. Et tu as, bon, c’est là toute la position des libéraux : Eh bien ils sont possédés, mais leur intellect ne l’est pas si bien qu’ils sont en mesure de résister à quelque chose qui les possède de l’intérieur. Ils s’y opposent intellectuellement, tu vois, mais ils ne négocient pas avec de façon radicale, pourrait-on dire, aux niveaux psychologiques et en définitive, moléculaire. C’est pourquoi tu ne peux pas, comme je dis, t’opposer intellectuellement à quelque chose qui t’écrase émotionnellement parce que, rappelle-toi que la chaîne de commande ou la chaîne d’action monte à partir des intestins au cerveau postérieur pour s’achever dans le cerveau antérieur. Quand le cerveau antérieur essaie d’inverser cet ordre et commande au cerveau postérieur et aux viscères, ça ne marche pas tout simplement. Les gens disent : « Reprends-toi! » (riant), Eh bien ce n’est pas possible. Plus tu essaies de te reprendre, plus tu perds pied, c’est évident. Tu dois apprendre à laisser la chose t’investir. Je suis un homme du monde, je comprends ce genre de chose. Elles nous arrivent à tous. Tout ce que tu as à faire, c’est de chercher à comprendre ce qui se passe et à l’évaluer pour ce que c’est, c’est tout. Alors ne pense pas que tu sois le seul dans ton cas parce que ce n’est pas vrai. L’herbe est très utile pour affronter ça, elle permet de se détacher. C’est pourquoi elle est si sévèrement réprimée. J’ai appris qu’il y avait une ville en Géorgie (U.S.A.) où quelques personnes donnaient des séances de yoga et ils les ont arrêtées. Ils ont dit « Eh bien, si vous relaxez votre esprit comme ils le disent, vous pouvez être sûrs que le diable va s’en emparer. » Il ne leur est pas venu à l’esprit que le Seigneur mon Dieu pourrait venir. Oh non, « C’est le diable qui rentre ! » Tu relaxes ton esprit une minute et voilà le diable qui arrive ! (S’adressant à un de ses chats qui vient juste de rentrer en batifolant dans la pièce): « Alors comment es-tu entré, toi, petit diable… C’est Spooner. »

L’emprise de la droite s’est terriblement accentuée dans ce pays. Bien sûr ils n’avancent pas dans les rues, mais ils avancent. Et ils ont volé la progression des, hum, libéraux ou quel que soit le nom qu’on leur donne. Je déteste ce mot de « libéraux ». C’est tellement imprécis. Je pense simplement que ce sont, ma foi, des Johnsons[2] – des gens raisonnables qui ont le sens de la modération, qui font preuve de discernement et ne sombrent pas dans des états de fureur hystérique entrecoupées d’autojustifications arrogantes et hypocrites.

V. B. : D’après toi, y a-t-il eu des moments dans ta vie où tu as pu faire certaines choses qui ont bouleversé ton organisme et qui t’ont amené à te regarder sous un jour différent au point de développer ta créativité ?

W. B. : Oui, bien sûr. Je crois que c’est, si j’ose dire, un phénomène très répandu chez tous les gens créatifs. Cela se produit à la suite d’une série de chocs au cours desquels on est obligé de se confronter à soi-même. C’est comme ça, c’est tout. Tout ce qui est à l’extérieur est à l’intérieur et inversement, mais tu actualises ces aspects de toi-même à travers la peinture, l’écriture, le cinéma ou tout ce que tu veux, c’est le résultat d’une série de chocs où tu te rends compte que tu es en train de faire quelque chose d’absolument abominable.

V. B. : Mais on ne passe pas sa vie à faire des choses abominables.

W. B. : Mais si, on en fait tout le temps. Tout le monde en fait tout le temps. Rien qu’au niveau de tes pensées, à travers des tas de choses. Tu n’as pas besoin de massacrer des millions de gens ou de lâcher des gaz innervants, mais combien de gens à la place de Saddam en auraient fait autant et même bien pire ? S’ils en avaient eu la possibilité. Bon, effectivement, où qu’ils soient, ces gens font le pire dont ils sont capables à leur petit niveau partout, et ça arrive quand quelqu’un… eh bien quand les gens ne critiquent pas leur façon de se comporter parce qu’ils sont complètement possédés par ces sentiments de haine, comprends-tu… mais quand on réalise qu’on est en train de se conduire comme eux, alors on est obligé de s’examiner dans tous les détails et un tel examen et une telle prise de conscience font partie intégrante de tout le processus créatif.

V. B. : Est-ce que la peur fait partie intégrante du processus ?

W. B. : Bien sûr, elle fait complètement partie du processus parce que la possession est la forme la plus extrême de la peur. Quand tu te sens obsédé par l’idée de faire quelque chose qui t’inspire de l’horreur ou de la répulsion ou le dégoût le plus total, c’est ça, la peur fondamentale. En fait cela revient à une question de courage.

V. B. : Le courage d’être toi-même, de faire ce que tu es en train de faire ?

W. B. : Oui, le courage de les rejeter.

V. B. : Est-ce que c’est un combat spirituel conscient contre la possession ?

W. B. : Ciel, non ! Ta partie consciente est une arme insignifiante. Tu dois mettre en œuvre toutes les forces dont tu disposes, non pas seulement ici (la tête), mais dans tout ton organisme.  Considère celui-ci en fonction de tout son potentiel psychique. D’après les Egyptiens, nous avons quatorze âmes.

(Depuis que William a déménagé dans le Kansas, l’un des changements les plus significatifs qui s’est opéré dans sa vie a consisté dans les relations qu’il a instaurées avec un certain nombre de chats. Ces dernières années, il a eu jusqu’à cinq chats en même temps vivant avec lui en permanence.)

V. B. : Penses-tu avoir beaucoup appris au contact de tes chats ?

W. B. : Oh, Ciel ! J’ai énormément appris. J’ai appris la compassion, j’ai appris toutes sortes de choses avec eux, parce que les chats te renvoient véritablement ton image. Je me souviens d’un jour, j’étais dehors près de la maison en pierre et Ruskie a comme qui dirait attaqué l’un des chatons. Je lui ai donné une petite tape et là, il a disparu. Cela lui avait fait une peine énorme. Et je savais où il était passé. Je suis sorti dans la grange et je l’ai ramené. Juste une petite tape de rien. C’est son humain, son humain l’a trahi, l’a frappé, ouais ! Oh ! Ciel, oui, je ne pourrais pas te dire tout ce que mes chats m’ont apporté. Ils rejaillissent sur toi très profondément. Ils ont simplement éveillé en moi toute une zone de compassion, tu ne peux pas savoir à quel point c’était important. Je me rappelle qu’une fois j’étais couché dans mon lit et je pleurais toutes les larmes de mon corps à la pensée que mes chats pourraient mourir dans une catastrophe nucléaire. J’imaginais que des gens arrivaient en voiture en disant « Tuez vos chiens et vos chats » et là, tu sais, j’en ai littéralement pleuré de chagrin pendant des heures. Oh mon Dieu, et puis cette impression constante qu’il pourrait y avoir une certaine relation entre mes chats et moi, une relation particulière à côté de laquelle j’aurais pu passer… Oui, oui, par exemple ! J’ai abordé ce sujet dans The Cat Inside. C’était une sensation tellement intense que je n’arrivais pas à l’écrire. Je ne pouvais pas l’écrire. Si j’ai appris en compagnie de mes chats, mon Dieu, oh mon Dieu ! Tu sais, les gens me voient comme quelqu’un de glacial – une femme a même écrit que j’étais incapable de tolérer le moindre sentiment. Mon Dieu. J’éprouve des émotions d’une telle intensité qu’elles me sont parfois insupportables. Oh ! Mon Dieu. Alors ils me demandent « Ça ne vous arrive jamais de pleurer ? » Je dis « Bon Sang, cela a dû m’arriver il y a deux jours. » Je suis très sujet à ces violentes crises de larmes, pour d’excellentes raisons. Oui.

(Jean Genet était l’un des rares écrivains contemporains avec lesquels Burroughs s’est senti des affinités.)

V. B. : Depuis notre dernière rencontre, Jean Genet est mort. As-tu des souvenirs à évoquer ou des choses à dire à son sujet ? Savais-tu par exemple que pendant les six dernières années de sa vie, Genet a écrit un livre super, Un Captif Amoureux ? Il passait son temps en compagnie de jeunes soldats en Syrie et en Jordanie.

W. B. : Non, je n’en savais rien, c’est fascinant. Tu vois, la dernière fois que je l’ai vu, c’était bien sûr à Chicago en 1968, mais Brion (Gysin) l’a rencontré par la suite quand il était à Tanger et ils ont pu vraiment entrer en relation, mais je ne sais rien de son amour pour les soldats syriens, raconte, raconte…

V. B. : Je t’enverrai le livre. C’est une méditation admirable sur l’engagement du jeune soldat. Sa mère, dans un geste d’amour, lui tend un verre de lait au moment où il s’en va…

W. B. : Comme j’admire cet homme capable de conserver un intérêt presque adolescent, c’est vraiment super…

(William se lève et quitte la pièce. Quelques minutes plus tard, il revient, rayonnant, et traverse la pièce en glissant.)

Je viens d’avoir une sensation extraordinaire en arrivant dans les toilettes pour pisser, la sensation que Genet revenait. Genet, Genet, Genet. Oh, mon Dieu – c’était phénoménal !

V. B. : Il était là, dans la pièce même ?

W. B. : Non, en moi-même. Il ne se promenait pas autour, il était en moi. Genet, Genet, Genet, OH !

J. G. : Je nais. Genet veut dire « Je nais » en français.

W. B. : Oui, c’est vrai, mais son esprit était présent, je l’ai senti avec une telle force ! Wow !

J. G. : William, si Genet est entré en toi ce soir, pouvons-nous l’interviewer, juste lui poser quelques questions ?

W. B. : (solennel) Oui, bien sûr. Vas-y.

J. G. : Monsieur Genet, quel est le sens de cette phrase : « Il y avait moi et il y avait la langue française. J’ai coulé l’un dans l’autre et… » ?

W.B. (en tant que Genet) : « C’est fini (en français dans le texte). C’était là tout ce que je pouvais faire. J’ai pu me prendre et m’introduire dans la langue française. C’était la seule langue que j’étais en mesure de posséder, de même que je ne pouvais qu’être un voleur français. Et une fois que j’ai eu réalisé cela, j’avais accompli tout ce dont j’étais capable. (Revenant en lui-même) Il est mort dans un hôtel. Il a toujours vécu dans une sorte d’anonymat…

V.B. : Est-ce que tu as une bonne mémoire ?

W.B. : Oui, j’ai presque une mémoire photographique.

V.B. : Même en te replongeant cinquante ans en arrière, tu as des images précises d’événements particuliers ?

W.B. : Attends un moment, ce n’est pas tout à fait exact. Il y a des circonstances dont je me souviens très bien et d’autres dont je ne garde aucun souvenir. Ma mémoire des faits remontant à quelques années en arrière est bien meilleure que ma mémoire des faits récents. Je me souviens de mon premier souvenir conscient. Je descendais les escaliers et il y avait un miroir, j’avais trois ans, et j’ai dit au miroir : « Trois, trois. » Il y avait entre autre, je ne sais pas si cela s’est passé avant ou après, je buvais de l’antésite dans l’arrière-cour et il faisait très chaud. Je me souviens du goût de l’antésite. Je revois encore la bouteille…

J.G. : Alors si aujourd’hui je t’apportais une bouteille d’antésite, tu pourrais, comme Proust, te sentir transporté dans le passé.

W.B. : J’en doute, non, c’était juste… ce ne serait pas la même antésite.

(Les yeux fermés, le visage serein, William semble regarder un objet très éloigné et mal éclairé. Chantonnant.) Antésite, antésite, antésite, antésite. Oui… (Silence).

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[1] James Grauerholz : secrétaire de William Burroughs.

[2]. « Johnson » : « Un Johnson respecte ses engagements. C’est un homme de parole et on peut faire affaire avec lui. Un Johnson s’occupe de ses propres affaires. Ce n’est pas un pharisien ni un fauteur de troubles. Un Johnson donnera un coup de main quand on a besoin d’aide. Il ne restera pas planté quand quelqu’un se noie ou est bloqué dans une voiture en feu. » W. Burroughs ,  Parages des Voies Mortes, Christian Bourgois éd. (NdT).

La machine à rêver à En ces lieux… des livres 2019

Comme lors de ma participation aux festivals d’années précédentes, la dreamachine (machine à rêver) était présente le dimanche 28. Ci-dessous avec Henri Boileau, le 28 août 2019. Pour plus de documentation, voir les documents de recherche effectués par le réseau Interzone, les pages d’Interzone Editions et le livre « Le Temps des Naguals – Autour de Burroughs et Gysin« , en version imprimée ou en pdf.

Voir également les recherches récentes sur l’utilisation des ondes cérébrales dans les articles suivants parus dans des revues scientifiques:

How flashing lights and pink noise might banish Alzheimer’s, improve memory and more (Nature, 18 février 2018) Traduction google approximative: « Comment les lumières clignotantes et le bruit rose pourraient-ils bannir la maladie d’Alzheimer, améliorer la mémoire, etc.

Scientists ‘Clear’ Alzheimer’s Plaque From Mice Using Only Light And Sound (Science alert, 15 mars 2019) « Des scientifiques nettoient la plaque d’Alzheimer chez des souris seulement avec des lumières et des sons » Traduction google approximative

Isabelle AUBERT-BAUDRON, le 28 juillet 2019.  Photo Francine DELAIGLE

Ci-dessous avec Henri Boileau

En ces lieux des livres 2014

En ces lieux des livres 2012: La Nouvelle République, 31 juillet.

En ces lieux des livres 2019: quelques photos

La Nouvelle République: A la rencontre des livres, côté jardin

https://www.lanouvellerepublique.fr/loudun/a-la-rencontre-des-livres-cote-jardin

Publié le | Mis à jour le

Auteurs et lecteurs au jardin. Photo:  NR

Photo prise au 15 rue Porte de Mirebeau.

Exposants de droite à gauche:

– Sylvie Pouliquen: Éditions La Mélusine devant

– Daniel Ramat

– Isabelle Aubert-Baudron (de dos): Interzone Editions

– Jean-Luc Michenot (en arrière plan): Les mots de là

Photos prises au 15 rue Porte de Mirebeau (Isabelle Aubert-Baudron):

Vincent Dutois:

Jean-Luc Michenot et Vincent Dutois:

Daniel Ramat et Sylvie Pouliquen:

Isabelle Aubert-Baudron: Photo Francine Delaigle

Aux origines de l’antisémitisme

© Isabelle AUBERT-BAUDRON, 18 avril 2019 – Première version 6 mars 2019

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Saint Louis et les Juifs

Face à l’augmentation récente des actes antisémites, il convient de se référer à l’historique de ces actes dans notre pays. Le port de l’étoile jaune est généralement associé à Hitler et à la seconde guerre mondiale, mais il a été institué en France par Louis IX (saint Louis, 1214-1270). Avant lui, son père Louis VIII leur avait interdit l’usure, son grand-père, Philippe II Auguste les avait expulsés et avait fait saisir leurs biens, ainsi que le fera après lui son petit-fils, Philippe le Bel (1268-1314).

Le mot « juif » n’a pas le même sens selon qu’il désigne une religion, le judaïsme, ou une origine ethnique : les descendants du peuple juif qu’Hitler voudra éliminer au XXème siècle.

A l’origine, les persécutions des juifs reposaient sur des arguments religieux et visaient donc le judaïsme : peuple déicide pour les catholiques qui identifient Jésus Christ à Dieu, peuple hérétique pour les catholiques et les musulmans considérant leur seule religion comme « vraie » et qualifiant les autres d’hérétiques, puis des arguments financiers, relativement à l’argent qu’ils prêtaient avec intérêt, ainsi que des rumeurs basées sur des accusations sans fondement d’infanticides et autres horreurs destinées à les faire passer pour l’incarnation du mal absolu, sans qu’ils aient nui effectivement en quoi que ce soit à leurs accusateurs.

Ces arguments émanaient en grande partie, en France, du roi et de l’Eglise, laquelle a persécuté ensuite les juifs pendant des siècles à travers l’inquisition. Ces persécutions étaient donc officielles et institutionnalisées, et les autorités qui les pratiquaient les utilisaient généralement pour dépouiller les juifs, les expulser, leur infliger des traitements indignes ou les tuer, ceci non pas en fonction de crimes effectifs et démontrables qu’ils auraient commis, mais d’actes imaginaires et d’intentions qu’on leur prêtait.

De nos jours, les arguments religieux n’ont plus lieu d’être dans un pays laïc: aucun commissariat ni aucun tribunal n’acceptera de considérer sérieusement une plainte pour « déicide » ou pour « hérésie ». Quant aux arguments économiques et financiers, interdire le prêt avec intérêt que pratiquent aujourd’hui toutes les nations et l’ensemble du système bancaire aurait pour effet de déstabiliser le monde financier et économique.

En revanche, il existe des législations en matière de justice financière auxquelles sont soumis tous les citoyens et toutes les entreprises, sociétés, établissements financiers, etc. : tout citoyen qui s’estime lésé par quiconque peut alors déposer plainte. Si monsieur Untel commet une escroquerie, quelle que soit son origine ou sa religion, il risque de se retrouver au tribunal.

Pour ce qui est des juifs, ils peuvent de nos jours accéder à tous les métiers et professions, comme tout un chacun, de même que tout un chacun peut aujourd’hui choisir de travailler dans le monde de la finance.

En conséquence, les raisons évoquées pour justifier ces persécutions dans le passé n’ont plus lieu d’être de nos jours. Les interdits sur lesquelles elles reposaient alors n’ont plus cours, ils reposaient sur la notion de crime sans victime et sont de ce fait aujourd’hui dépourvus de légitimité dans un Etat de droit.

Les arguments actuels

Au XXème siècle, les juifs ont été persécutés officiellement en France, par le truchement de l’administration, au nom d’arguments ethniques, par le régime de Vichy, sous la collaboration avec l’Allemagne nazie qui avait planifié et organisé leur élimination, ainsi que celle des gitans, des malades mentaux, des homosexuels, des résistants, des communistes, ceci jusqu’à la Libération.

Émanant pour la plupart de groupes idéologiques d’extrême droite, les arguments antisémites actuels reposent sur des accusations de vouloir contrôler le monde de la finance et asservir les autres pays. Autrement dit, sur une volonté de domination.

Cette thèse s’est répandue à partir du début du XXème siècle avec le Protocole des Sages de Sion, un faux publié d’abord en Russie, puis traduit en plusieurs langues et diffusé par les milieux antisémites, dans lequel les juifs et les francs-maçons étaient censés comploter pour conquérir le monde. Il fut utilisé par Hitler comme outil de propagande pour justifier l’élimination des juifs.

Ceci dit, si nous considérons les faits, Hitler les a accusés de ce qu’il planifiait de faire lui-même, et de ce qu’il a fait en déclenchant la seconde guerre mondiale : envahir d’autres pays et les asservir. Autrement dit, il a utilisé ce faux pour détourner l’attention des foules en désignant à leur vindicte un ennemi qui ne les menaçait pas, ceci afin de commettre lui-même les crimes dont il les accusait.

De nos jours, les mêmes arguments sont repris contre les juifs, mais aussi contre d’autres groupes désignés comme étant la source de problèmes dans lesquels ils n’ont strictement rien à voir: ainsi les migrants, accusés d’augmenter le chômage : en ce qui me concerne, pour ce que j’ai pu en constater pour avoir été au chômage un certain nombre de fois durant ma carrière professionnelle en dents de scie (infirmière), je sais parfaitement que les raisons de ces périodes d’activité hachées n’ont pas le moindre lien avec les migrants, mais avec des décisions et des structures économiques conçues pour créer ce chômage, par des gens que nous connaissons pour les avoir élus et qui font partie de notre paysage politique.

Le même procédé est encore utilisé médiatiquement pour stigmatiser et criminaliser les malades mentaux, faussement identifiés comme dangereux. Il est institutionnalisé par l’administration pour justifier des objectifs sécuritaires et, à travers eux, un détournement des crédits alloués à la psychiatrie, l’abandon des formations, des soignants, des patients et de leurs familles, sous l’influence de gestionnaires incapables de remplir les missions de soin qui leur incombent, et qui se révèlent plus dangereux et destructeurs au niveau de l’ensemble de la population que les « fous » incriminés. Plus largement, ce qui est en question ici est le processus de stigmatisation de catégories de gens, quels qu’en soit les prétextes, que cette discrimination vise leur religion, leur origine, leur sexe, leur sexualité, etc.

Pour ce qui, est des juifs, en matière d’escroqueries financières, ils n’ont pas non plus de rapport avec celles que je constate à mon propre niveau de la part de toutes les sociétés qui les pratiquent actuellement en s’introduisant d’autorité dans nos existences sans que nous soyons nécessairement informés de la leur, ni que nous les ayons sollicitées.

Qu’il y ait des gens qui complotent pour prendre le pouvoir, je suppose qu’il en existe dans tous les pays : la volonté de dominer les autres est inhérente à une structure de relation basée sur des rapports de domination-soumission, et elle me semble malheureusement la chose au monde la mieux partagée. A part quelques rares pays comme le Costa Rica qui n’a pas d’armée et utilise son argent en fonction des besoins du pays, dans l’éducation, l’environnement, etc., les autres rivalisent de chétiveté les uns envers les autres, même entre alliés théoriques, il n’y a pas de coups bas qu’ils ne se font pas!

Avec en toile de fond les mêmes préjugés, idées fausses, et procès d’intention basés…….. sur rien d’effectif, qui permettent de commettre envers l’autre les crimes dont on l’accuse, en les justifiant par des arguments moraliste, sur la base de critères de permis et d’interdits qui n’ont plus cours de nos jours.

Ces critères dépassés, et aujourd’hui illégitimes, sont sans rapport avec les actes des gens visés, autrement dit, ils reposent sur la notion de crime sans victime, qui permet de s’en prendre à des gens qui n’ont fait de tort à personne, afin de leur infliger ce dont on les accuse, notion dépourvue de légitimité depuis 1789.

Ainsi, les persécutions commises actuellement, causent, elles, des préjudices effectifs et démontrables aux gens qui les subissent. Elles sont générées par des comportements juridiquement condamnables, et qui sont effectivement condamnés quand ils sont jugés.

Celui qui est en cause ici n’est pas le persécuté, mais le persécuteur : les actes que commet ce dernier, ainsi que les raisons qu’il emploie pour les justifier n’engagent que lui, et non les gens auxquels il s’en prend en leur attribuant une culpabilité fictive, en les identifiant faussement à des images qui n’existe que dans son esprit.

Les méthodes de propagande

Ainsi, au-delà des comportements, ce qui est également en cause ici n’est pas seulement ce qui est décrit ci-dessus, mais également les méthodes de propagande basées sur le mensonge et la manipulation, sans lesquelles les gens qui commettent des crimes réels ne se sentiraient pas autorisés à les commettre et ces persécutions ne se matérialiseraient pas dans le monde réel.

Or nous constatons tous les jours de telles propagandes et manipulations. Ce qui est en question ici est la colonisation de notre espace mental. C’est pourquoi prétendre au niveau des mots « lutter contre l’antisémitisme » ou contre tout autre fléau similaire visant des catégories de boucs émissaires désignés, sans mettre de limite légale fermes à ceux qui utilisent de tels procédés qui auraient dû disparaître à la Libération, voire en les utilisant soi-même à d’autres niveaux, ne me parait ni sincère ni efficace.

L’ « antisémitisme » est un mot abstrait qui désigne des comportements inacceptables d’individus donnés, qui sont des gens réels, qui encouragent, justifient, et engendrent des conséquences nuisibles concrètes et démontrables. Plutôt que de lutter contre des abstractions, au moyen de « recommandations », au nom de « bonnes pratiques », de principes moraux érigées en valeurs absolues, en multipliant les réglementations pour sanctionner les individus qui y contreviennent, tout en refusant de considérer les faits et ce que vivent les gens concernés, il importe de mettre des limites légales fermes aux auteurs de ces comportements comme à ceux qui les encouragent et les diffusent, et, au-delà de l’antisémitisme, quelles que soient les catégories de gens discriminés, car les mécanismes utilisés sont les mêmes et aussi inacceptables les uns que les autres. Si, à l’ère d’internet, les comptes anonymes qui diffusent des appels à la haine, non pas tant sur la base des opinions personnelles des propriétaires de ces comptes, mais parce que ceux-ci sont payés pour les diffuser, peuvent être difficilement identifiables, en revanche les sociétés qui les emploient sont identifiables, ainsi que les gens qui investissent leurs intérêts dans ces entreprises de manipulation.

Et si la question était : qui n’est pas juif ?

En ce qui concerne les persécutions des juifs relatives à leur origine ethnique, elles sont dépourvues de légitimité en France de nos jours, tout comme les persécutions et discriminations visant quiconque sur la base de son origine, quelle qu’elle soit.

Pour ce qui est des différents sens du mot juif :

  • Il est possible d’adopter la religion juive sans descendre du peuple juif,
  • Il est possible de descendre du peuple juif sans adhérer au judaïsme,
  • Il est possible de se faire traiter de « sale juif » sans avoir le moindre lien avec la religion ou le peuple du même nom, sur la seule base de sa profession.

Si nous nous reportons à l’origine de la religion chrétienne et à ses principaux acteurs, il ressort de plusieurs sources qu’après la disparition de Jésus, les juifs furent persécutés en Israël même et que beaucoup s’expatrièrent. Ainsi, Marie de Magdala, sainte Marie-Madeleine, fut expédiée hors du pays en bateau, avant d’amerrir sur nos côtes méditerranéennes. Suite à quoi elle s’installa en France et y vécut jusqu’à sa mort.

Il est peu probable qu’en arrivant elle ait fait état de son origine et de son histoire, dans un pays dont la plupart des gens n’avaient jamais entendu parler de Jésus et à une époque où le christianisme n’existait pas encore en tant que religion constituée et reconnue officiellement, pas plus que les doctrines et dogmes successifs que l’Eglise adoptera dans les siècles suivants. De ce fait, Marie Madeleine a très probablement cherché à s’intégrer dans son pays d’accueil et à y mener une vive vivable.

Vu son âge, elle a également probablement fondé une famille, ainsi que les autres juifs arrivés en France avant elle, puis à son époque, puis après elle.

En conséquence, depuis le nombre de générations qui se sont succédées au fil des siècles, il est également très probable qu’une partie des citoyens actuels de ce pays soient leurs descendants, sans avoir la moindre connaissance ni conscience de leurs origines réelles.

Dans ce cas, si des juifs connaissant leur ascendants peuvent se qualifier de tels, les autres n’ont aucun élément objectif sur lequel affirmer qu’ils ne le sont pas. La seule réponse sensée qu’ils peuvent faire à la question « Etes-vous juif ? » est, en l’absence d’élément susceptible de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse : « Je n’en sais rien. »

Autrement dit, la réponse à cette question est de l’ordre de l’inconnu, nous ne pouvons pas y répondre avec certitude, seulement émettre des hypothèses.

Examiner les faits dans le cadre d’une démarche scientifique

En revanche, il est possible d’en savoir plus sur les faits eux-mêmes, en recoupant des sources diverses, et en voyant ce qu’il en ressort. Dans la mesure où ces faits sont liés à l’histoire du christianisme en France, une grande part de ces sources est d’origine religieuse. Toutefois ce qui m’intéresse ici ne sont pas tant ces religions en tant que telles, ni les croyances et dogmes sur lesquelles elles reposent, que de tenter de comprendre, dans la mesure du possible, ce qui s’est passé exactement : comment, à travers ces croyances et ces dogmes, ces religions ont structuré l’histoire et les mentalités de notre pays, et les conséquences qui en découlent à notre époque, en tentant de considérer ces faits aux niveaux historico-religieux dans le cadre d’une démarche scientifique, et d’avancer ensuite progressivement sur cette base, à partir de ce que ce que ces sources peuvent nous permettre d’en appréhender.

Quelques sources

Les documents ci-dessous sont à resituer dans leur contexte et leur époque, dans l’espace-temps dans lequel ils ont été écrits, en raison du décalage entre les critères d’évaluation d’alors – le XIXème siècle, puis années 30 – et les critères actuels. Ils permettent de voir l’évolution des mentalités qui s’est opérée depuis en France, et de mesurer l’influence religieuse de ces époques sur l’ensemble de la société par rapport à l’époque actuelle, dans le contexte de la laïcité. Ce décalage apparait également au niveau religieux, en raison des évolutions au sein de l’Eglise qui n’avaient pas eu lieu alors, entre les représentations religieuses de ces époques et les représentations actuelles.

Sur saint Louis, l’extrait ci-dessous est tiré du livre d’Henri Wallon, Saint Louis. Son auteur, un professeur d’histoire, s’est appuyé, entre autres sources, sur les écrits du biographe de Louis IX, Jean de Joinville, qui accompagnait le roi dans ses déplacements, y compris lors des croisades. Etant le témoin oculaire direct des faits qu’il relate dans sa « Vie de Saint Louis », Joinville demeure la source la plus fiable dont nous disposions concernant Louis IX. Ce livre d’Henri Wallon contient en outre un ensemble de reproductions de documents originaux et d’informations complémentaires sur cette époque. Mais tout comme Joinville, il est un inconditionnel de Louis IX.

En ce qui concerne Marie Madeleine, je n’ai pas consulté une large bibliographie, je me suis contentée d’utiliser trois sources que j’avais à ma portée. Elles sont sans lien les unes avec les autres si ce n’est qu’elles traitent toutes de Marie-Madeleine, sous différents angles, et témoignent des changements de regards sur les mêmes faits à travers les époques pour en arriver à celui que nous pouvons porter aujourd’hui, qu’il convient de replacer dans la nôtre :

  • L’article Sainte Marie-Madeleine, tiré d’une revue enfantine catholique, Bernadette, N° 342, 19 juillet 1936,
  • Des extraits du site de la basilique de Vézelay, dont la crypte contient des reliques de Marie Madeleine,
  • Un article sur un livre d’un spécialiste en sciences des religions sur Marie de Magdala, Patrick Banon, ainsi qu’une interview de celui-ci parue dans la La République du Centre.

Extraits de Saint Louis par Henri Wallon, (1878) : Saint Louis et les Juifs : p. 306-312

 

 

Marie de Magdala

Sources internet actuelles (14/11/2014)

La basilique de VézelaySainte Marie-Madeleine – un haut lieu culturel et spirituel

« Le Centre Sainte Madeleine

un peu d’histoire…

https://www.basiliquedevezelay.org/?q=presentation/centresaintemadeleine

Située sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la colline de Vézelay est, depuis le Moyen-Âge, un lieu de rassemblement des grands chemins de prière. Le Centre Sainte-Madeleine, participe à l’accueil des pèlerins et des visiteurs sur la colline.

Au Moyen-Âge, les pèlerins logeaient dans les “hôtelleries”, et quand l’affluence était grande, dans les immenses caves voûtées creusées sous la ville. Depuis la fondation de l’abbaye, le Centre Sainte-Madeleine, contribue sous des formes variables à l’accueil des pèlerins et voyageurs.

En 1844 les sœurs de la Providence y fondèrent une école. Pendant l’occupation, la communauté religieuse dirigée par Mlle Arnol accueillit de nombreux enfants juifs, et les cacha entre 1942 et 1944. Marie Arnol (sœur Léocadie) a été reconnue “Juste parmi les Nations” par l’état d’Israël, pour avoir aidé, à ses risques, des juifs pourchassés pendant l’occupation. L’école cessa définitivement de fonctionner en 1957.

Depuis les années 70, le Centre était géré et animé par les Franciscaines Missionnaires de Marie. En 2015, il a été confié aux Fraternités Monastiques de Jérusalem pour y poursuivre sa mission d’accueil.

Historique de la basilique (9ème-13ème siècles)

Les origines (vers an 850 – 1068) https://www.basiliquedevezelay.org/?q=node/16

Vers 858 ou 859 Fondation d’un monastère de moniales par Girart de Roussillon, à l’emplacement actuel de Saint-Père.

863 Une bulle pontificale garantit la protection directe par le Saint-Siège de l’abbaye de Vézelay, qui échappe ainsi à l’autorité des évêques d’Autun. Les privilèges de l’abbaye seront confirmés en 868 par le roi Charles le Chauve.

873 Dévastée par les Normands qui remontent la Seine, l’Yonne et la Cure, l’abbaye est tran sférée sur la colline; des moines venus sans doute d’Autun remplacent les moniales.

882 Selon certaines sources, un moine nommé Badilon apporte de Saint-Maximin (Provence) à Vézelay des reliques de Marie-Madeleine.

1027 Premiers conflits entre les abbés de Vézelay et les comtes de Nevers, jaloux de l’indépendance de l’abbaye.

1098 L’évêque d’Autun, jaloux lui aussi de l’indépendance de l’abbaye de Vézelay, tente de jeter l’interdit sur les pèlerinages; l’interdit sera levé par le pape Pascal II en 1103; mais Vézelay doit alors reconnaître l’autorité spirituelle de Cluny. »

Suite de l’historique à https://www.basiliquedevezelay.org/?q=node/16

Jésus a-t-il eu deux enfants avec Marie-Madeleine ?

https://www.francetvinfo.fr/monde/jesus-a-t-il-eu-deux-enfants-avec-marie-madeleine_741253.html

Un professeur d’études religieuses et un écrivain s’appuient sur un manuscrit vieux de 1 500 ans pour avancer cette thèse, développée dans leur livre « L’Evangile perdu », à paraître mardi.

Fresque de la basilique San Giorgio à Rome (Italie) datant du XIIIe siècle et représentant Jésus-Christ.  (MANUEL COHEN / AFP )

Franceinfo France Télévisions Mis à jour le 10/11/2014 | 16:55 – publié le 10/11/2014 | 16:22

« Le « fils de Dieu » a-t-il une descendance ? La question ressurgit après l’exhumation, à la British Library de Londres (Royaume-Uni), d’un manuscrit laissant entendre que Jésus a eu deux enfants. Selon le Sunday Times (en anglais, payant), le professeur d’études religieuses Barrie Wilson, de l’Université York de Toronto (Canada) et de l’écrivain israélo-canadien Simcha Jacobovic ont traduit ce manuscrit vieux de 1 500 ans rédigé en araméen. Ils publient leur recherche dans un ouvrage intitulé L’Evangile perdu (The Lost Gospel), publié mardi 11 novembre.

Selon les deux auteurs, le manuscrit permet d’affirmer non seulement que Jésus a eu deux enfants avec Marie-Madeleine, mais qu’il était aussi marié avec cette prostituée qualifiée de « femme de péché » dans « L’Evangile selon Luc ». Le Sunday Times précise que le livre, qui donne à Marie-Madeleine « une signification beaucoup plus importante qu’on ne le pensait jusqu’alors », parle également d’une « tentative d’assassinat sur Marie-Madeleine et ses deux enfants », et revient aussi sur les rapports qu’entretenait Jésus avec certains hommes politiques de son temps.

Une hypothèse déjà ancienne

Lost Gospel n’est, cependant, pas le premier essai à sous-entendre ou affirmer que Jésus avait une famille. Le journal britannique The Independent (en anglais) rappelle qu’en 1953, Nikos Kazantzakis avait publié La dernière tentation du Christ (adapté au cinéma par Martin Scorsese trente-cinq ans plus tard), où une descendance de Jésus est déjà évoquée. « Depuis des années, cette version de la vie de Jésus alimente de nombreuses spéculations, note Slate.frEn mai dernier, un vieux papyrus affirmant que Jésus avait eu une femme a été contesté par de nombreux chercheurs. » Une conférence de presse aura lieu, mercredi, à la British Library pour détailler la thèse des auteurs de L’Evangile perdu. »

MARIE DE MAGDALA – L’APÔTRE PRÉFÉRÉE DE JÉSUS par Patrick Banon: Présentation dans le site de l’éditeur

http://www.michel-lafon.fr/livre/1442-MARIE_DE_MAGDALA_-_L_apotre_preferee_de_Jesus.html

« Premier témoin et première messagère de la résurrection de Jésus de Nazareth, Marie de Magdala, plus connue sous le nom de Marie Madeleine, est un personnage aussi essentiel que contesté dans l’histoire du christianisme. Apôtre préférée de Jésus pour les uns, pécheresse repentie pour les autres, elle a subi les foudres des disciples de Jésus, jaloux de l’attention qu’il lui accordait, avant d’être délégitimée par les Pères de l’Église, inquiets de l’influence de cette femme scandaleusement libre. Si les ruses furent nombreuses pour la faire disparaître des textes sacrés au profit de la Vierge Marie, les témoignages des Évangiles apocryphes mis au jour au xixe siècle attestent du rôle central de la jeune Galiléenne dans l’édification de la religion chrétienne.

Alors qui était-elle vraiment ? L’’initiée élue par Jésus ? Son amante, sa femme, ou un simple disciple ? À travers ce document passionnant, Patrick Banon nous emmène à la découverte historique, sociologique et théologique de la véritable Marie de Magdala, symbole d’une émancipation des femmes que le Christ aurait voulue et que les hommes auraient refusée.

Patrick Banon s’intéresse à Marie de Magdala, disciple de Jésus

https://www.larep.fr/orleans-45000/actualites/patrick-banon-sinteresse-a-marie-de-magdala-disciple-de-jesus_11219215/

Patrick Banon, prolifique auteur orléanais spécialisé en sciences des religions, vient de publier un ouvrage consacré à Marie de Magdala, disciple de Jésus. Il est en dédicace aujourd’hui.

Patrick Banon vit à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin depuis une douzaine d’années. Il y trouve la tranquillité pour écrire, tout en restant proche de Paris où il enseigne. Son dernier opus est dédié à un personnage biblique : Marie de Magdala.

Qu’est-ce qui vous a attiré chez elle ? Certaines femmes sont centrales dans les religions. Toutes les matriarches sont exceptionnelles mais elles représentent un aspect du féminin compatible avec la vision patriarcale de la société. Marie de Magdala incarne une vraie rupture, un changement de statut social pour la femme.

De quelle rupture parlez-vous ? Elle incarne aussi le féminisme naissant et elle a accès à la connaissance. Dans les débats, elle pose beaucoup de questions. Ce personnage ouvre des questions sur le sacerdoce des femmes, c’est elle qui découvre le tombeau du Christ vide. Elle est la révélatrice du message le plus important du christianisme : celui de la Résurrection, de la victoire de la vie sur la mort. On peut se demander si le christianisme aurait été le même sans elle.

Que sait-on d’elle et quel portrait dressez-vous d’elle ? On ne sait rien d’elle, si ce n’est qu’elle vient de Magdala (Galilée). Les autres femmes sont définies en fonction de leur foyer ou de leur performance sexuelle : vierge, veuve, épouse de, fille de… Elle n’est définie que par son origine géographique.

Tarichée ( nom grec de la ville) était une sous-préfecture, une ville bourgeoise, une place forte avec l’eau courante. Marie de Magdala était une femme lettrée, libre, sans attache, indépendante financièrement. Elle a été qualifiée de possédée ou de prostituée mais c’est une description patriarcale. Rien n’est dit sur sa mauvaise vie.

Elle est très controversée… Sa relation de proximité et d’intimité avec Jésus lui est reprochée. Les pères de l’Église l’ont marginalisée, présentée comme une hystérique et ils ont tenté de minimiser son rôle. Ils ont préféré faire monter la Vierge.

Vous rappelez justement le rôle sous-estimé des femmes dans la naissance du christianisme. Les femmes ont un rôle central dans l’édification de la pensée chrétienne. Jésus était entouré de femmes mais là encore, la résistance patriarcale a minimisé leur apport. » Marie Guibal