Au secours, Docteur Burroughs ! par Victor BOCKRIS

Victor Bockris m’a envoyé durant l’automne 1990 cette interview de William Burroughs qu’il venait de réaliser, afin que je l’ajoute au « Temps des Naguals – Autour de Burroughs et Gysin » qui en était alors à son tout début. Je l’ai publiée sur Mediapart en complément du texte « Monsieur B: les pronoms – Enquête sur «des voix dans la tête » retranscrite pour Burroughs en 1982.

Victor Bockris nous fait découvrir un Burroughs tel qu’en lui-même, passionné par l’hypothèse de l’existence objective d’entités cherchant à établir le contact avec les humains. S’en suit un échange échevelé au cours duquel Victor verbalise ses angoisses existentielles sur la question, réconforté par le « Dr Burroughs » qui lui donne des conseils avisés tirés de sa propre expérience et qui clôture l’interview par un entretien post mortem avec Jean Genet. Disruptif.

Mise en garde :

La lecture de ce texte est fortement déconseillée aux lecteurs dépourvus d’humour et inaccessibles au second degré.

Au secours, Docteur Burroughs !  LA DERNIÈRE INTERVIEW QUE JE FERAI JAMAIS par Victor BOCKRIS

Traduction: Isabelle Aubert-Baudron

Victor Bockris et William Burroughs – Lawrence – Septembre 1990

Victor Bockris : T’est-il déjà arrivé, au cours de ton existence, de te comporter comme ce que l’on pourrait appeler quelqu’un de peureux ?

William Burroughs : (Assis très droit, fixant la table d’un regard dur, presque irrité) TU ES FOU!?

V. B : Ma foi, non, je ne te vois pas comme quelqu’un de peureux du tout.

W.B. : Je vis comme la plupart des gens dans un état d’affolement permanent. C’est le cas de la plupart des gens qui ont un tant soi peu de bon sens. Ils ne s’en rendent peut-être pas compte mais c’est ainsi. Nous sommes virtuellement menacés à chaque seconde. Cette décennie n’est pas drôle du tout, cette décennie est absolument sinistre. Sinistre et détestable.

(Nous sommes assis autour de la table dans la salle de séjour de la maison de William Burroughs à Lawrence dans le Kansas, James Grauerholz, Bill Rich et moi. Des chats sont installés sur nos genoux ou se prélassent sur le sol. La veille nous sommes revenus de Los Angeles où nous étions allés au vernissage d’une exposition de Burroughs à la galerie Earl Mac Grath. Juste avant que je rentre à mon hôtel la nuit précédente, William m’avait mis deux livres entre les mains – « Quantrill and his Civil War Guerillas » de Carl W. Brethan et « Majestic », un roman de Whitley Streiber. En 1989, Burroughs avait rendu visite à Streiber dans le but d’entrer en contact avec les étrangers dont ce dernier avait parlé dans « Communion et Transformation ».)

Victor Bockris : Comment as-tu fait la connaissance de Whitley Streiber ?

William Burroughs : Très simplement. Ses premiers livres m’avaient beaucoup intéressé et j’étais convaincu de l’authenticité de ce qu’il avançait, quelle qu’en soit la nature. J’avais l’impression qu’il ne s’agissait ni d’une escroquerie, ni d’un truquage. J’ai ensuite donné ses livres à lire à Bill, qui se trouve ici et qui se montre toujours très, très sceptique, et il a dit : « Après les avoir lus, je ne mets pas en seul mot en doute. » J’ai dit que j’étais certain qu’on se trouvait en présence d’un phénomène. Suite à cela, j’ai écrit une lettre à Whitley Streiber pour lui dire que je souhaiterais beaucoup entrer en contact avec lesdits visiteurs. Anne Streiber m’a alors répondu en disant : « Nous voulons nous assurer qu’il s’agit bien de vous. Nous recevons une foule de lettres complètement abracadabrantes. » Je lui ai donc envoyé une autre lettre en disant : « C’est bien de moi dont il s’agit » ; sur ce, elle a répondu : « Après en avoir discuté, nous serions heureux de vous inviter à venir dans notre chalet. » Nous nous sommes donc rendus là-bas pour un week-end. Et après m’être entretenu un certain nombre de fois avec Streiber au sujet de ses expériences, j’ai été absolument persuadé qu’il disait la vérité

V. B. : De quoi a-t-il l’air ?

W. B. : Eh bien, c’est un homme de taille moyenne, environ un mètre quatre-vingt-cinq, de corpulence moyenne. Il a ceci de bizarre que la partie de son visage qui va du front jusqu’en dessous du nez ressemble à un masque.

V. B. : Est-ce qu’il dégage de la sérénité ?

W. B. : Non, il n’a pas l’air serein du tout, sans pour autant être inquiétant. Au premier abord c’est un homme qui dégage une formidable énergie et qui est toujours occupé. Depuis que je suis allé le voir, il a écrit un livre entier, Billy, qui est sur le point d’être adapté à l’écran. Il travaille sans arrêt, il a toujours quelque chose à faire et il se promène dans sa propriété; c’est quelqu’un de très actif, tu vois, de très déterminé. Il apparaît comme un homme très accueillant et plein de bons sens. Je ne peux pas dire en ce qui me concerne que j’ai expérimenté quoi que ce soit. Et il m’a dit ceci : au moment où l’expérience se produit, c’est très précis, très physique, il ne s’agit pas de quelque chose de vague, pas comme une hallucination, ils sont bien ; maintenant moi, je n’ai rien vu de tel.

V. B. : (Écartant cette possibilité) : Dans ces conditions, tu n’avais aucune chance de voir quoi que ce soit.

W. B. : Comment ! Qu’est-ce que tu veux dire ?

V. B. : Tu étais un visiteur qui arrivait dans le coin en tant que journaliste. (L’interviewer, après avoir souffert trois jours sur la route dans le rôle du journaliste, commence à crier) TU FAISAIS PARTIE DE LA PRESSE!

James Grauerholz[1] : (conciliant) Voyons…

V. B. : TU REPRÉSENTAIS LA PRESSE ? ESPÈCE D’ENFOIRÉ ! TOUT LE TEMPS EN TRAIN DE PARLER DE LA PRESSE ! TU APPARTENAIS A LA PRESSE !

W. B. : (calmement) Je n’en faisais pas partie.

V. B. : (Sarcastique) Si, tu en faisais partie. Tu étais dans la position du journaliste et ces enfoirés ne voulaient même pas descendre te parler.

W. B. : (dignement) Je n’ai jamais été journaliste.

V. B. : Allons, voyons, tu parlais sans arrêt de la presse, la presse, cette putain de presse …

W. B. : Ça ne va pas, mon vieux !

V. B. : Évidemment que ça ne va pas !

J. G. : C’est insultant, ce que tu dis là, Victor. Tu as été injustement accusé de représenter la presse…

V. B. : Mais c’est intéressant, il y a de la pertinence dans ce que je dis…

W. B. : Non, non et non…

V. B. : Non, mais, William, excuse-moi…

J. G. : William était un chercheur, il regardait de trop près.

V. B. : Bien sûr !

J. G. : Quand on regarde de trop près, on ne peut rien trouver.

V. B.: Non, j’imagine que c’est en tant qu’écrivain que tu es allé le voir, il te connaissait manifestement comme écrivain, dans ces conditions, il y avait à mon avis peu de chance pour qu’il se passe quoi que ce soit d’important.

J. G. : C’est comme s’ils regardaient, c’est comme s’ils étaient dans des soucoupes, c’est comme…

V. B. : Ouais, si l’on en croit effectivement le récit de Whitley Streiber, que je suis certainement tout disposé à accepter, d’accord, pourquoi diable se précipiteraient-ils quand un écrivain fait le déplacement pour venir passer deux jours ?

W. B. : Pour des tas de raisons. Il y avait des tas de raisons pour que…

V. B. : Qu’est-ce que tu entends par-là ? (De nouveau sarcastique) Écoute, tu crois vraiment qu’ils ont réalisé qui tu étais ?

W. B. : JE CROIS QUE JE SUIS L’UN DES ETRES LES PLUS IMPORTANTS DE CE PUTAIN DE MONDE…

V.B. : (Sursautant) Eh bien je suis d’accord avec toi…

W. B. : …et s’ils avaient un tant soit peu de bons sens, ils se seraient manifestés.

V. B. : Je suis d’accord…

W. B. : Alors c’est exactement ce que je suis en train de dire.

J. G. : En tous cas ils se sont effectivement manifestés à Streiber.

V. B. : C’est bien là le problème ! William Burroughs fait partie des gens les plus importants de ce putain de monde et quand il est allé là-bas pour les rencontrer, ils ne se sont pas manifestés, alors, sérieusement, je dis « Hé ! » Si une personnalité X arrive en disant très clairement « Je viens ici pour entrer en contact » et que le contact ne se fait pas – demandons-nous ce que cela veut dire… !

J. G. : Je pense que cela veut dire que le swami avait mal à la tête.

V. B. : Non, je ne pense pas que ça veuille dire ça.

W. B. : Eh ! attends un peu…

V. B. : C’est une connerie, mon vieux, c’est une réponse de merde…

W. B. : … attends un peu, pas si vite, ne sois pas si stupide ni si désagréable. Cela peut vouloir dire un tas de choses. Cela peut vouloir dire qu’ils n’ont pas jugé bon de venir me chercher à ce moment-là. Cela peut vouloir dire qu’ils auraient remis le contact à une date ultérieure ou cela peut vouloir dire qu’ils me considèrent comme un ennemi.

V. B. : (Avec dévotion) Je ne vois pas comment ils le pourraient.

W. B. : Eh bien, pourquoi pas ? Nous ne savons pas qui ils sont… Je te dis… Ecoute, nous n’avons aucun moyen de connaître leurs véritables intentions. Ils peuvent trouver mon intervention hostile à leurs objectifs. Et il se peut que leurs objectifs ne soient pas amicaux du tout. Exactement comme quand les grands dieux blancs ont débarqué chez les Indiens en Amérique Centrale et c’étaient les Espagnols. Les Indiens ont dit : « Les voilà » et les Espagnols leur ont coupé les mains. Ouais, alors tu ne connais pas leurs intentions.

V. B. : J’aurais pensé que les intentions de William étaient tout à fait claires si bien que j’aurais pensé que tout étranger venant visiter la planète aurait accueilli la démarche de William avec un esprit ouvert.

W. B. : Pas nécessairement. Tu pars du principe qu’ils raisonnent comme nous, comme moi. Nous ne savons absolument pas comment ils raisonnent, ni sur quels critères ils évaluent, ni ce qu’ils veulent ! Nous n’avons pas de clef. L’un d’eux a dit : « Nous sommes des âmes recyclées. » Donc nous procédons sans information…

V. B. : Non, écoute, mon vieux, tu n’as pas à me convaincre, je suis complètement…

W. B. : (Tranquillement) D’accord…

V. B. : (Élevant la voix) MAIS !

W. B. : (S’exprimant lentement et clairement, d’une voix calme, patiente mais ferme, comme un docteur) Calme-toi, mon vieux, calme-toi. Tu t’excite beaucoup trop, tu es beaucoup trop catégorique et je pense que tu devrais tout simplement te détendre et prendre les choses très, très calmement parce que tu es manifestement – sais-tu – très impressionné et bouleversé par toute cette affaire. Alors maintenant on se calme et on parle tranquillement, tu deviens…

V. B. : Je suis tracassé par toute cette histoire parce que j’éprouve la sensation très forte d’être envahi.

W. B. : Qui ne l’éprouve pas ! Tu n’es pas plus envahi que nous tous. Quand je me plonge jusqu’à un certain point dans mon psychisme, je me heurte à une force très très hostile, très puissante. C’est aussi net que si je rencontrais quelqu’un qui m’attaquait dans un bar. (Nous gardons généralement nos distances) mais je ne pense pas que je gagne ou que je perde nécessairement la partie.

V. B. : Je souffre d’une forte sensation d’envahissement. Je l’ai combattue…

J. G. : Eh bien, tu es avec le docteur…

W. B. : C’est pour ça que je t’ai dit de te calmer parce que je vois bien que tout cela te préoccupe. Maintenant, écoute, (murmurant) calme-toi tout simplement. Raconte-moi tout. (Haussant les épaules) Je suis le vieux docteur. Après tout j’ai été… écoute, mon chou, j’affronte ça depuis tant d’années et je sais que cette invasion se produit. Écoute, à partir du moment où tu approches quelque chose d’important, tu ressens cette invasion et c’est comme ça que tu reconnais que là il se passe quelque chose. Moi-même il m’est arrivé de me sentir comme un jeune chien forcé de faire des choses qui allaient m’attirer des ennuis ou des humiliations. Je ne dominais pas la situation. D’ailleurs dans le dernier rêve que j’ai fait, je voyais mon corps sorti de la pièce en marchant (ça se passait à Chicago) j’étais accablé sous le poids d’une mission implacable et je me suis retrouvé au plafond en train de me dissoudre, réduit à une impuissance totale. C’est l’ultime horreur de la possession. Cela se produit sans arrêt.

Ce que tu dois faire, c’est analyser ce qui se passe, te confronter à la possession. Ceci dit, tu ne peux le faire que si tu as effacé les mots. N’essaie pas de discuter, de dire « Oh, je… c’est injuste ! bla bla bla ». Confronte-toi à l’invasion. Si tu contrôles solidement la situation, cela va…

J. G. : Tu dois l’accepter, lui permettre de te défier de manière à pouvoir refuser son défi. Tu dois l’admettre. Tant que tu te débats, que tu tentes de t’y soustraire, tu ne t’y confrontes jamais.

W. B. : Ce que l’entité qui t’envahit cherche à éviter par-dessus tout c’est de se confronter directement à toi parce que cela met fin à l’invasion. Mais l’invasion est la base de la peur, il n’y a rien de plus effrayant que l’invasion.

Maintenant regarde, tu vois, tu as par exemple un Ange Gardien qui te dit ce que tu dois faire ou ne pas faire : « Ne vas pas là, ne fais pas ça. » Il n’y a rien de pire qu’un anti-ange gardien qui se trouve à l’intérieur de toi, qui t’incite à faire ce qu’il y a de pire et qui t’entraîne dans les situations les plus catastrophiques.

V. B. : Le seul moyen que je connaisse pour le repousser, c’est de dire « Non, non, non ».

W. B. : Non, c’est… « Non, non, non », ça ne marche pas. Tu dois le laisser s’insinuer en toi. C’est difficile, c’est difficile, mais je vais te dire une chose, tu prends du recul et tu le laisses t’envahir, s’introduire en toi, au lieu de tenter de t’y opposer, ce qui n’est pas possible. C’est à chacun de trouver le moyen de gérer la situation. Si tu en es capable, et très peu de gens le sont. Et tu as, bon, c’est là toute la position des libéraux : Eh bien ils sont possédés, mais leur intellect ne l’est pas si bien qu’ils sont en mesure de résister à quelque chose qui les possède de l’intérieur. Ils s’y opposent intellectuellement, tu vois, mais ils ne négocient pas avec de façon radicale, pourrait-on dire, aux niveaux psychologiques et en définitive, moléculaire. C’est pourquoi tu ne peux pas, comme je dis, t’opposer intellectuellement à quelque chose qui t’écrase émotionnellement parce que, rappelle-toi que la chaîne de commande ou la chaîne d’action monte à partir des intestins au cerveau postérieur pour s’achever dans le cerveau antérieur. Quand le cerveau antérieur essaie d’inverser cet ordre et commande au cerveau postérieur et aux viscères, ça ne marche pas tout simplement. Les gens disent : « Reprends-toi! » (riant), Eh bien ce n’est pas possible. Plus tu essaies de te reprendre, plus tu perds pied, c’est évident. Tu dois apprendre à laisser la chose t’investir. Je suis un homme du monde, je comprends ce genre de chose. Elles nous arrivent à tous. Tout ce que tu as à faire, c’est de chercher à comprendre ce qui se passe et à l’évaluer pour ce que c’est, c’est tout. Alors ne pense pas que tu sois le seul dans ton cas parce que ce n’est pas vrai. L’herbe est très utile pour affronter ça, elle permet de se détacher. C’est pourquoi elle est si sévèrement réprimée. J’ai appris qu’il y avait une ville en Géorgie (U.S.A.) où quelques personnes donnaient des séances de yoga et ils les ont arrêtées. Ils ont dit « Eh bien, si vous relaxez votre esprit comme ils le disent, vous pouvez être sûrs que le diable va s’en emparer. » Il ne leur est pas venu à l’esprit que le Seigneur mon Dieu pourrait venir. Oh non, « C’est le diable qui rentre ! » Tu relaxes ton esprit une minute et voilà le diable qui arrive ! (S’adressant à un de ses chats qui vient juste de rentrer en batifolant dans la pièce): « Alors comment es-tu entré, toi, petit diable… C’est Spooner. »

L’emprise de la droite s’est terriblement accentuée dans ce pays. Bien sûr ils n’avancent pas dans les rues, mais ils avancent. Et ils ont volé la progression des, hum, libéraux ou quel que soit le nom qu’on leur donne. Je déteste ce mot de « libéraux ». C’est tellement imprécis. Je pense simplement que ce sont, ma foi, des Johnsons[2] – des gens raisonnables qui ont le sens de la modération, qui font preuve de discernement et ne sombrent pas dans des états de fureur hystérique entrecoupées d’autojustifications arrogantes et hypocrites.

V. B. : D’après toi, y a-t-il eu des moments dans ta vie où tu as pu faire certaines choses qui ont bouleversé ton organisme et qui t’ont amené à te regarder sous un jour différent au point de développer ta créativité ?

W. B. : Oui, bien sûr. Je crois que c’est, si j’ose dire, un phénomène très répandu chez tous les gens créatifs. Cela se produit à la suite d’une série de chocs au cours desquels on est obligé de se confronter à soi-même. C’est comme ça, c’est tout. Tout ce qui est à l’extérieur est à l’intérieur et inversement, mais tu actualises ces aspects de toi-même à travers la peinture, l’écriture, le cinéma ou tout ce que tu veux, c’est le résultat d’une série de chocs où tu te rends compte que tu es en train de faire quelque chose d’absolument abominable.

V. B. : Mais on ne passe pas sa vie à faire des choses abominables.

W. B. : Mais si, on en fait tout le temps. Tout le monde en fait tout le temps. Rien qu’au niveau de tes pensées, à travers des tas de choses. Tu n’as pas besoin de massacrer des millions de gens ou de lâcher des gaz innervants, mais combien de gens à la place de Saddam en auraient fait autant et même bien pire ? S’ils en avaient eu la possibilité. Bon, effectivement, où qu’ils soient, ces gens font le pire dont ils sont capables à leur petit niveau partout, et ça arrive quand quelqu’un… eh bien quand les gens ne critiquent pas leur façon de se comporter parce qu’ils sont complètement possédés par ces sentiments de haine, comprends-tu… mais quand on réalise qu’on est en train de se conduire comme eux, alors on est obligé de s’examiner dans tous les détails et un tel examen et une telle prise de conscience font partie intégrante de tout le processus créatif.

V. B. : Est-ce que la peur fait partie intégrante du processus ?

W. B. : Bien sûr, elle fait complètement partie du processus parce que la possession est la forme la plus extrême de la peur. Quand tu te sens obsédé par l’idée de faire quelque chose qui t’inspire de l’horreur ou de la répulsion ou le dégoût le plus total, c’est ça, la peur fondamentale. En fait cela revient à une question de courage.

V. B. : Le courage d’être toi-même, de faire ce que tu es en train de faire ?

W. B. : Oui, le courage de les rejeter.

V. B. : Est-ce que c’est un combat spirituel conscient contre la possession ?

W. B. : Ciel, non ! Ta partie consciente est une arme insignifiante. Tu dois mettre en œuvre toutes les forces dont tu disposes, non pas seulement ici (la tête), mais dans tout ton organisme.  Considère celui-ci en fonction de tout son potentiel psychique. D’après les Egyptiens, nous avons quatorze âmes.

(Depuis que William a déménagé dans le Kansas, l’un des changements les plus significatifs qui s’est opéré dans sa vie a consisté dans les relations qu’il a instaurées avec un certain nombre de chats. Ces dernières années, il a eu jusqu’à cinq chats en même temps vivant avec lui en permanence.)

V. B. : Penses-tu avoir beaucoup appris au contact de tes chats ?

W. B. : Oh, Ciel ! J’ai énormément appris. J’ai appris la compassion, j’ai appris toutes sortes de choses avec eux, parce que les chats te renvoient véritablement ton image. Je me souviens d’un jour, j’étais dehors près de la maison en pierre et Ruskie a comme qui dirait attaqué l’un des chatons. Je lui ai donné une petite tape et là, il a disparu. Cela lui avait fait une peine énorme. Et je savais où il était passé. Je suis sorti dans la grange et je l’ai ramené. Juste une petite tape de rien. C’est son humain, son humain l’a trahi, l’a frappé, ouais ! Oh ! Ciel, oui, je ne pourrais pas te dire tout ce que mes chats m’ont apporté. Ils rejaillissent sur toi très profondément. Ils ont simplement éveillé en moi toute une zone de compassion, tu ne peux pas savoir à quel point c’était important. Je me rappelle qu’une fois j’étais couché dans mon lit et je pleurais toutes les larmes de mon corps à la pensée que mes chats pourraient mourir dans une catastrophe nucléaire. J’imaginais que des gens arrivaient en voiture en disant « Tuez vos chiens et vos chats » et là, tu sais, j’en ai littéralement pleuré de chagrin pendant des heures. Oh mon Dieu, et puis cette impression constante qu’il pourrait y avoir une certaine relation entre mes chats et moi, une relation particulière à côté de laquelle j’aurais pu passer… Oui, oui, par exemple ! J’ai abordé ce sujet dans The Cat Inside. C’était une sensation tellement intense que je n’arrivais pas à l’écrire. Je ne pouvais pas l’écrire. Si j’ai appris en compagnie de mes chats, mon Dieu, oh mon Dieu ! Tu sais, les gens me voient comme quelqu’un de glacial – une femme a même écrit que j’étais incapable de tolérer le moindre sentiment. Mon Dieu. J’éprouve des émotions d’une telle intensité qu’elles me sont parfois insupportables. Oh ! Mon Dieu. Alors ils me demandent « Ça ne vous arrive jamais de pleurer ? » Je dis « Bon Sang, cela a dû m’arriver il y a deux jours. » Je suis très sujet à ces violentes crises de larmes, pour d’excellentes raisons. Oui.

(Jean Genet était l’un des rares écrivains contemporains avec lesquels Burroughs s’est senti des affinités.)

V. B. : Depuis notre dernière rencontre, Jean Genet est mort. As-tu des souvenirs à évoquer ou des choses à dire à son sujet ? Savais-tu par exemple que pendant les six dernières années de sa vie, Genet a écrit un livre super, Un Captif Amoureux ? Il passait son temps en compagnie de jeunes soldats en Syrie et en Jordanie.

W. B. : Non, je n’en savais rien, c’est fascinant. Tu vois, la dernière fois que je l’ai vu, c’était bien sûr à Chicago en 1968, mais Brion (Gysin) l’a rencontré par la suite quand il était à Tanger et ils ont pu vraiment entrer en relation, mais je ne sais rien de son amour pour les soldats syriens, raconte, raconte…

V. B. : Je t’enverrai le livre. C’est une méditation admirable sur l’engagement du jeune soldat. Sa mère, dans un geste d’amour, lui tend un verre de lait au moment où il s’en va…

W. B. : Comme j’admire cet homme capable de conserver un intérêt presque adolescent, c’est vraiment super…

(William se lève et quitte la pièce. Quelques minutes plus tard, il revient, rayonnant, et traverse la pièce en glissant.)

Je viens d’avoir une sensation extraordinaire en arrivant dans les toilettes pour pisser, la sensation que Genet revenait. Genet, Genet, Genet. Oh, mon Dieu – c’était phénoménal !

V. B. : Il était là, dans la pièce même ?

W. B. : Non, en moi-même. Il ne se promenait pas autour, il était en moi. Genet, Genet, Genet, OH !

J. G. : Je nais. Genet veut dire « Je nais » en français.

W. B. : Oui, c’est vrai, mais son esprit était présent, je l’ai senti avec une telle force ! Wow !

J. G. : William, si Genet est entré en toi ce soir, pouvons-nous l’interviewer, juste lui poser quelques questions ?

W. B. : (solennel) Oui, bien sûr. Vas-y.

J. G. : Monsieur Genet, quel est le sens de cette phrase : « Il y avait moi et il y avait la langue française. J’ai coulé l’un dans l’autre et… » ?

W.B. (en tant que Genet) : « C’est fini (en français dans le texte). C’était là tout ce que je pouvais faire. J’ai pu me prendre et m’introduire dans la langue française. C’était la seule langue que j’étais en mesure de posséder, de même que je ne pouvais qu’être un voleur français. Et une fois que j’ai eu réalisé cela, j’avais accompli tout ce dont j’étais capable. (Revenant en lui-même) Il est mort dans un hôtel. Il a toujours vécu dans une sorte d’anonymat…

V.B. : Est-ce que tu as une bonne mémoire ?

W.B. : Oui, j’ai presque une mémoire photographique.

V.B. : Même en te replongeant cinquante ans en arrière, tu as des images précises d’événements particuliers ?

W.B. : Attends un moment, ce n’est pas tout à fait exact. Il y a des circonstances dont je me souviens très bien et d’autres dont je ne garde aucun souvenir. Ma mémoire des faits remontant à quelques années en arrière est bien meilleure que ma mémoire des faits récents. Je me souviens de mon premier souvenir conscient. Je descendais les escaliers et il y avait un miroir, j’avais trois ans, et j’ai dit au miroir : « Trois, trois. » Il y avait entre autre, je ne sais pas si cela s’est passé avant ou après, je buvais de l’antésite dans l’arrière-cour et il faisait très chaud. Je me souviens du goût de l’antésite. Je revois encore la bouteille…

J.G. : Alors si aujourd’hui je t’apportais une bouteille d’antésite, tu pourrais, comme Proust, te sentir transporté dans le passé.

W.B. : J’en doute, non, c’était juste… ce ne serait pas la même antésite.

(Les yeux fermés, le visage serein, William semble regarder un objet très éloigné et mal éclairé. Chantonnant.) Antésite, antésite, antésite, antésite. Oui… (Silence).

___________________________

[1] James Grauerholz : secrétaire de William Burroughs.

[2]. « Johnson » : « Un Johnson respecte ses engagements. C’est un homme de parole et on peut faire affaire avec lui. Un Johnson s’occupe de ses propres affaires. Ce n’est pas un pharisien ni un fauteur de troubles. Un Johnson donnera un coup de main quand on a besoin d’aide. Il ne restera pas planté quand quelqu’un se noie ou est bloqué dans une voiture en feu. » W. Burroughs ,  Parages des Voies Mortes, Christian Bourgois éd. (NdT).

Warwick Sweeney: Hardy Tree

This is an extremely interesting book by Warwick Sweeney, with a foreword by Pr Andrew Lees, on Dr Dent’s treatment of apomorphine, on William Burroughs, and on the evolution of the medical area since the fifties in the domain of drugs and the changes of the nature of relation towards patients in the economical context. Hence, the lightening it brings on those latest decades allows a better understanding of the present goals, very useful to health workers and to potential or actual patients as well.

The edition itself by Bracket Press is very good quality, containing many black and white and color illustrations and original documents, for a cheap price compared to the result.

Isabelle Aubert-Baudron

http://www.bracketpress.co.uk/

HARDY TREE – A Doctor’s Bible
by J. Warwick Sweeney

The current rises in anxiety, depression, mental ill-health and addiction are out of control. In the middle of the 20th century, John Yerbury Dent, a pioneering London doctor from the ‘do no harm’ tradition, campaigned for a deeper understanding of these ailments, better treatments and policies. Few listened.

Hardy Tree is a biographical novel written by Dent’s grandson, J Warwick Sweeney, and plots the life of Dent using the doctor’s own writings; his unpublished memoirs and correspondence.

Towards the end of Dent’s life an anonymous and unfulfilled literary genius suffering from heroin addiction came to London. Knocking at death’s door he was sent to knock on Dent’s. His name: William Seward Burroughs.

Hardy Tree is the previously untold story of Burroughs’ rebirth and the crucial part played by his doctor’s compassion, and the lost art of healing. An inspirational and timely story.

Production details: 215mm x 153mm, 448 pages, litho printed on Munken Premium Cream 90gsm, illustrated (colour + b/w), black endpapers, sewn-section binding with fully blocked cover and printed dust jacket. Limited edition of 500 hand-numbered copies. Weight: 1kg approx.
ISBN 978-1-9996740-3-8. Publishing date: 23 August 2019.
RRP: £30.00 + P&P

This book is only available to pre-order from www.bracketpress.co.uk
at special pre-order price: £23 + P&P.

La machine à rêver à En ces lieux… des livres 2019

Comme lors de ma participation aux festivals d’années précédentes, la dreamachine (machine à rêver) était présente le dimanche 28. Ci-dessous avec Henri Boileau, le 28 août 2019. Pour plus de documentation, voir les documents de recherche effectués par le réseau Interzone, les pages d’Interzone Editions et le livre « Le Temps des Naguals – Autour de Burroughs et Gysin« , en version imprimée ou en pdf.

Voir également les recherches récentes sur l’utilisation des ondes cérébrales dans les articles suivants parus dans des revues scientifiques:

How flashing lights and pink noise might banish Alzheimer’s, improve memory and more (Nature, 18 février 2018) Traduction google approximative: « Comment les lumières clignotantes et le bruit rose pourraient-ils bannir la maladie d’Alzheimer, améliorer la mémoire, etc.

Scientists ‘Clear’ Alzheimer’s Plaque From Mice Using Only Light And Sound (Science alert, 15 mars 2019) « Des scientifiques nettoient la plaque d’Alzheimer chez des souris seulement avec des lumières et des sons » Traduction google approximative

Isabelle AUBERT-BAUDRON, le 28 juillet 2019.  Photo Francine DELAIGLE

Ci-dessous avec Henri Boileau

En ces lieux des livres 2014

En ces lieux des livres 2012: La Nouvelle République, 31 juillet.

En ces lieux des livres 2019: quelques photos

La Nouvelle République: A la rencontre des livres, côté jardin

https://www.lanouvellerepublique.fr/loudun/a-la-rencontre-des-livres-cote-jardin

Publié le | Mis à jour le

Auteurs et lecteurs au jardin. Photo:  NR

Photo prise au 15 rue Porte de Mirebeau.

Exposants de droite à gauche:

– Sylvie Pouliquen: Éditions La Mélusine devant

– Daniel Ramat

– Isabelle Aubert-Baudron (de dos): Interzone Editions

– Jean-Luc Michenot (en arrière plan): Les mots de là

Photos prises au 15 rue Porte de Mirebeau (Isabelle Aubert-Baudron):

Vincent Dutois:

Jean-Luc Michenot et Vincent Dutois:

Daniel Ramat et Sylvie Pouliquen:

Isabelle Aubert-Baudron: Photo Francine Delaigle

Patti Smith Shares William S. Burroughs’ Advice for Writers and Artists

« Build a good name », rock poet Patti Smith advises the young. « Life is like a roller coaster, it is going to have beautiful moments but it is going to be real fucked up, too », she says.

The American singer, poet and photographer Patti Smith (b. 1946) is a living punk rock legend. In this video she gives advice to the young:

« Build a good name. Keep your name clean. Don’t make compromises, don’t worry about making a bunch of money or being successful. Be concerned about doing good work. Protect your work and if you build a good name, eventually that name will be its own currency. Life is like a roller coaster ride, it is never going to be perfect. It is going to have perfect moments and rough spots, but it’s all worth it », Patti Smith says.

Patti Smith (b.1946) is an award-winning American punk rock musician, poet and visual artist, who became a highly influential figure in the New York City punk rock scene with her debut album ‘Horses’ in 1975. Smith fuses rock and poetry in her work, and has been dubbed the ”punk poet laureate” as well as ”the godmother of punk.” In 2007 she was inducted into the Rock and Roll Hall of Fame and in 2010 Rolling Stone magazine put her on the 47th place of their list of 100 Greatest Artists. Among her many albums are ’Horses’ (1975), ’Radio Ethiopia’ (1976), ’Easter’ (1978), ’Gone Again’ (1996) and ’Banga’ (2012). Smith is also the author of several books, including ’Woolgathering’ (1992), ’Just Kids’ (2010) – which won the National Book Award and describes her relationship to her lover and friend, photographer Robert Mapplethorpe – and ’M Train’ (2015).

Patti Smith was interviewed by Christian Lund at the Louisiana Literature festival in August 2012 at the Louisiana Museum of Modern Art.

Produced by: Honey Biba Beckerlee and Kamilla Bruus.
Copyright: Louisiana Channel, Louisiana Museum of Modern Art.

Supported by Nordea-fonden

Galerie Ecritures: Pierre LAFOUCRIERE

Pierre LAFOUCRIERE

Eté 2017

Exposition des dernières œuvres de Pierre LAFOUCRIERE

 Vernissage le 7 Juin de 18 h à 20 h

Exposition du 7 juin au 14 septembre 2019

Galerie ECRITURES    1 rue Pierre Petit    03100 MONTLUCON   Tél : 06 70 09 36 63

Pierre LAFOUCRIERE est décédé en Novembre 2017, nous venions de terminer une grande rétrospective de son travail à MONTLUCON qui avait empli de sa lumière aussi bien les cimaises du Fonds d’Art Contemporain de Montluçon que celles de la galerie Ecritures tout l’été 2017 après avoir préparé ensemble une monographie sur son travail « Un Chemin de Lumière » (Ecritures 2017). Alors que je lui avais proposé une prochaine exposition, il avait réalisé en Juillet et Août pour Ecritures, 19 œuvres et avait demandé qu’elles soient réservées pour être exposées à la galerie lors de cette prochaine exposition, c’est un ensemble magnifique d’aquarelles et crayons pleines de vie et de force sur papier de grand format du Moulin Richard de Bas. Ces œuvres forment un ensemble magnifique et cohérent, aussi il m’a semblé nécessaire d’éditer une brochure les rassemblant toutes afin que chacun puisse en apprécier la puissance, la force, la lumière de la vie. Cet ensemble ultime n’est pas un testament mais plus un chant de la vie plein d’espoir et d’éternité.

Il tenait avant que nous nous séparions à ce que nous réalisions une séance filmée de happening pendant lequel il laissait un pétard recouvert de peinture déposer des éclats de couleurs sur une ardoise. Je garde en mémoire cette séance très drôle et pleine de fantaisie.

Inconditionnel de la peinture à l’huile à cause de sa transparence, de sa consistance et de son odeur, il aimait utiliser les autres techniques que sont la gouache, l’aquarelle, le lavis, les crayons de couleur … Son souci de la qualité des produits et des supports était permanent, l’importance du choix du papier ou de la toile est primordial, tout contribue à la qualité de l’œuvre finale mais aussi à sa pérennité. Son travail est le résultat d’une gestualité très libre mais très contrôlée liée à une construction autour de cette gestualité.

S’il est vrai que la disparition de l’homme est toujours au bout du chemin, comme un rejet de cette absurdité, Pierre LAFOUCRIERE, virtuose de la lumière et de la transparence, a tenté inlassablement de rechercher l’essence même de la vie pour lui donner une dimension d’éternité. Mais comme la véritable mort se trouve dans l’oubli,

Ramuntcho Matta: INTIMATTA

http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/37784_1
Chili, France | 2012 | 119 minutes | HD

Un film de Ramuntcho Matta

« Intimatta » est un objet cinématographique propre à la sphère Matta, qui relève de son monde et de rien d’autre, ouvert à tout ce qu’on voudra bien y projeter. Le projet n’est pas un documentaire mais bien un film d’artiste sur Roberto Matta reposant sur les archives vidéos tournées par son fils Ramuntcho Matta, directeur du projet, et sur des interviews de personnalités contemporaines ayant bien connu Roberto Matta. À l’âge de 80 ans, Matta a senti la nécessité de transmettre les clefs de son parcours et a ainsi créé un espace d’échange entre lui et le plus jeune de ses fils alors en âge d’être son petit-fils, Ramuntcho. Une relation d’autant plus intime que Matta avait déjà perdu deux de ses fils : Batan qui s’est suicidé en 1975, et son frère jumeau, Gordon Matta-Clark, mort d’un cancer en 1978. Ainsi Ramuntcho a commencé dès les années 80 à filmer chaque rencontre avec son père avec comme fil conducteur : comment transmettre les outils afin qu’une personne puisse devenir son propre père. La transmission a toujours été au centre de la philosophie Matta. Ce qui lui a permis de développer des relations très privilégiées avec entre autres : Garcia Lorca, Le Corbusier, Victor Brauner, Salvador Dali, André Breton, Marcel Duchamp… pour pouvoir être ensuite un passeur de ces connaissances, un véritable principe de vie et de responsabilité pour Matta : plutôt que de cacher ses secrets de création, il ouvre ses ateliers aux autres artistes, créant ainsi un véritable vent « inspirationnel » pour Jackson Pollock, Willhem de Kooning, Fahlström, Jörn… Grâce à des douzaines de cassettes vidéos de Roberto Matta en train de peindre, de parler, de se promener et même de dormir, tournées entre 1986 et 2000, à travers ses carnets de notes, ses lettres, les cartes postales et les cadeaux qu’il envoyait à ses amis et sa famille, « Intimatta » nous donne à voir une façon de penser. À partir de ce matériel inédit, « Intimatta » nous plonge dans le monde créatif et intime de l’artiste tout en soulevant des questions universelles sur la transmission, la paternité, l’intimité en partage

Thématique
Intimatta

© SometimeStudio

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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Ramuntcho Matta

IMAGE

Rodrigo Aviles

SON

Pauline Broquet

MONTAGE

Danielle Fillios

PRODUCTION / DIFFUSION

SometimeStudio, GFilms

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

SometimeStudio, ADAV, La Maison du doc, Les Films du paradoxe

COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Catalogue des vidéos à la demande

Distributeur(s) :

SometimeStudio

DVD en vente sur :

Les Films du paradoxe

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