Le petit Niortais l’été 68 et les rock stars

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Jérôme Pintoux. Niort-Londres en 68 : le choc des mondes. « Niort, pour moi, c’était la Sèvre. Je faisais de la barque avec des copains en amont du Jardin des Plantes. »
Jérôme Pintoux publie un roman qui a pour cadre Niort et Londres à la fin des sixties. Un récit qui doit beaucoup à son propre journal de bord d’adolescent.
De Gaulle et Cohn-Bendit déjeunent ensemble un jour de 68. De quoi parlent-ils ? Des 33 tours de Jimi Hendrix. Une scène que Jérôme Pintoux s’est offert le plaisir d’imaginer dans son dernier roman, « Vinyles Vintage ». L’histoire d’un petit Niortais qui du haut de ses 17 ans explore la folle atmosphère du « Swinging London » de la fin des sixties. Ça pourrait commencer comme « A nous les petites Anglaises », mais la suite n’a rien à voir. « Quand j’avais 17 ans, mes parents m’ont envoyé en Grande-Bretagne. J’entrais en terminale et ils voulaient que j’acquière un certain niveau en anglais », raconte Jérôme Pintoux, dont le père dirigeait la droguerie du même nom, institution du commerce niortais aujourd’hui tenue par son frère. Nous avons tous un été qui a été l’été de notre vie. Celui de Jérôme Pintoux a été l’été 68. Durant tout son voyage, il prend des notes. Un journal de bord ressorti intact des décennies plus tard. « Rien de sexuel là-dedans, mais c’était pire : c’était mon cœur mis à nu. » Ce témoignage sur le vif, il l’épaissit avec le récit de faux rêves et des interviews de rock stars. Son personnage croise Jim Morisson, Frank Zappa ou Paul McCartney. Jérôme Pintoux s’est fait une spécialité de ces interviews imaginaires : la sortie l’an dernier d’une série consacrée aux classiques de la littérature, lui avait valu une invitation sur France-Culture. Lui qui écrit pour des revues rock comme Jukebox Magazine, sortira l’an prochain un dictionnaire sur Dylan. «  Rien de sexuel dans tout ça. Mais c’était pire : c’était mon cœur mis à nu.  »
Niort-Londres en 68 : le choc des mondes. « Niort, pour moi, c’était la Sèvre. Je faisais de la barque avec des copains en amont du Jardin des Plantes. » Il remontait la Sèvre jusqu’à Sainte-Pezenne, jusqu’au château des Loups qu’avait failli racheter le comédien Jean Richard. Un drapeau rouge sur le Donjon Et 68 dans tout ça ? Un écho amorti et lointain. On boycotte au lycée la prof d’espagnol parce que sa tête ne nous revient pas. Seul acte subversif notable, un drapeau rouge planté au sommet du Donjon. « Des gens à Niort prétendaient être allés sur les barricades à Paris et on ne savait pas si c’était vrai ou s’ils étaient mythomanes. » Alors quand il franchit le Channel, c’est l’explosion : « N’oublions pas qu’avoir 17 ans en 1968, c’est comme avoir 13 ans en 2012 : on restait enfant bien plus longtemps qu’aujourd’hui. » Pas de passéisme, Jérôme Pintoux ne joue pas les anciens combattants du rock : « J’ai voulu faire un livre beaucoup plus drôle que nostalgique. Ce dont je me souviens, c’est d’une joie de vivre et d’un esprit qui deux ans après, avaient disparu. Le rock était devenu une routine. Mais il faut se méfier des âges d’or. » nr.niort@nrco.fr « Vinyles Vintage », édité aux Presses du Midi, 16 €. En vente à La Librairie des Halles.
Yves Revert

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